BiblioMonde

Destin oblige

par Henri de Laborde de Monpezat

( Livre )
Plon
1997, 334 p., 13.5 euros

ISBN : 2259182321

Les Mémoires du prince consort du Danemark

En épousant le 10 juin 1967 la future souveraine du Danemark, Margrethe II, Henri de Monpezat, Français de naissance, change de nom, de prénom, de religion, de nationalité, et devient une Altesse Royale à qui les dames font la révérence et que l'on appelle Monseigneur. Il a trente-trois ans. C'est un destin extraordinaire, qui l'a mené en Indochine, dans le Lot, en Algérie puis à Londres et dans la famille royale danoise, que raconte le Prince Henrik dans ce livre. L'étonnant récit du Prince nous entraîne dans les coulisses de la plus ancienne monarchie européenne. Voyages d'Etat, rencontre avec les grands, Henrik de Danemark ne cache rien d'un demi-siècle de vie officielle, et ne manque pas d'humour quand il raconte les ratés d'une visite de Tito, une chasse avec Ceaucescu, un séjour au Kremlin qui tourne court, ou une nuit à Pékin chez les Mao. Homme de conviction, autant que Prince militant de nombreuses causes, Henrik de Danemark n'hésite pas dans ce livre à donner aussi sa vision du monde sur des sujets aussi essentiels que l'environnement, le patrimoine ou l'Europe

« Le trône sur lequel il est assis ne lui donne aucun pouvoir (son épouse, chef de l'État, n'en jouit guère davantage). Pourtant, en couchant ses souvenirs sur le papier, Henrik rompt avec la règle implicite des familles royales en exercice qui voudrait que l'on ne parle jamais de soi. L'un et l'autre se rejoignent dans l'attachement au midi de la France et à cette région de Cahors où le prince a ses racines

Dans son livre, le prince révèle deux ou trois scoops propres à ravir les amateurs de chroniques mondaines. On apprend ainsi que le couple royal faillit mourir noyé lors de son voyage de noces, en Turquie. Que le prince est agnostique, bien que marié à celle qui est, de par ses fonctions, chef de l'Église luthérienne de Danemark. Que son père, ancien patron d'entreprise dans l'Indochine coloniale, s'opposa durant plusieurs semaines à son mariage, au point de se murer dans le silence. Et que ce même père, autrefois, avait pour habitude de cravacher ses enfants, ce dont Henrik, devenu à son tour chef de famille, semble se féliciter... En Scandinavie, où les petits sont traités avec les égards dus à un roi, il est de notoriété publique que Henrik a donné quelques "bonnes corrections" aux princes héritiers. Cela a fait scandale (...).

Les chroniqueurs des grands de ce monde relèveront aussi quelques omissions qui feront jaser pisse-froid et gardiens de la morale. Qu'importe ! L'essentiel du personnage est ailleurs - tout comme ses pensées, qui paraissent vagabonder loin des châteaux et des palais, loin des salons et des ambassades qu'il fréquentait, dans une vie antérieure, lorsqu'il entama une carrière de diplomate au Quai d'Orsay. Quoi qu'il en dise, Henrik ne s'est jamais habitué à son statut de prince consort, qui le relègue trop souvent au magasin des accessoires. » (extrait d’un article d’Anne-Marie Casteret, L’Express, 21 août 1997)

Écrit en collaboration avec Philippe Viguié-Desplaces

 
© BiblioMonde.com