BiblioMonde

Diasporas et espaces transnationaux

par Michel Bruneau

( Livre )
Economica
Collection Villes-géographie
2004, 249 p., 30 euros

ISBN : 271784760X

Parallèlement à la croissance et à la généralisation des migrations internationales dans le monde, on assiste aujourd’hui à la réapparition de la notion de diaspora, naguère oubliée. Une diaspora existe et se reproduit en s'appuyant sur tout ce qui fait lien dans un même lieu entre ceux qui veulent se regrouper et entretenir à distance des relations avec d’autres groupes, installés dans d’autres lieux mais se réclamant de la même identité. Ce lien revêt différentes formes, qu'il soit familial, communautaire, religieux, socio-politique (nation, État-nation), économique (réseaux d'entreprises), ou bien qu'il prenne la forme de la mémoire partagée d'une catastrophe, d'un traumatisme, subi par les membres de la diaspora ou leurs ascendants. On s’est interrogé dans ce livre sur les notions qui permettent le mieux de comprendre le maintien d'un lien entre les populations de migrants, dispersées dans le monde, et leurs lieux ou territoires d'origine et d’installation.

L'objectif a été tout d'abord de clarifier et de préciser la signification de cette notion interdisciplinaire de diaspora. Elle a incontestablement une dimension spatiale et territoriale, qu’on s’est efforcé d’analyser à partir d'exemples pris dans différentes diasporas : juive, grecque ou arménienne, chinoise ou indienne, palestinienne ou libanaise, jusqu'au cas limite de la diaspora noire des Amériques. Une diaspora dispose d’un capital symbolique et « iconographique » qui lui permet de se reproduire et de surmonter l’obstacle de la distance, souvent considérable, séparant ses communautés. Les espaces des mégapoles cosmopolites sont plus ou moins cloisonnés et marqués par les symboles identitaires installés par différentes communautés diasporiques. Les « quartiers ethniques » de naguère sont souvent devenus, aujourd’hui, pluriethniques, et les phénomènes d'hybridations culturelles y sont de plus en plus fréquents.

Des diasporas aux « communautés transnationales », aux territoires de la mobilité et aux territoires circulatoires, il existe une continuité. Mais les « transmigrants » et les entrepreneurs transfrontaliers passeurs de marchandises, navigant entre leur État-nation d’origine et celui de leur accueil, ne cherchent pas à constituer un réseau social transnational destiné à durer. Ils cherchent avant tout à réussir une ascension sociale dans leur village d’origine. Le groupe social auquel ils appartiennent se limite le plus souvent à cette communauté et au réseau transnational de ses migrants, tandis que le « diasporé » a, lui, le sentiment d’appartenir à une nation en exil, dispersée à l’échelle mondiale, d’être le porteur d’un idéal enraciné dans un territoire d’origine, imaginaire ou réel, mais toujours imaginé.
Une vingtaine de figures montrent la spécificité d’une cartographie et d’une modélisation graphique des phénomènes diasporiques et des espaces transnationaux.

Ce livre cherche à fournir aux étudiants, et plus généralement au grand public, un cadre interprétatif et une vision synthétique qui permettent soit de s'orienter plus facilement dans la littérature existante, de plus en plus abondante, soit de disposer d'une mise au point qui les dispense de risquer de s'y perdre ou de devoir y consacrer trop de temps.


Dans BiblioMonde


Les réseaux des diasporas

La longue marche des Arméniens : Histoire et devenir d'une diaspora

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