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Dictionnaire des écrivains marocains

par Salim Jay

( Livre )
Paris-Méditerranée
2005, 370 p., 25 euros

Coéditeur : Ediff - ISBN : 2842722272

Les œuvres littéraires et les écrivains marocains de langue arabe, berbère, française, et même néerlandaise...

Ce dictionnaire résulte d'une obstination à la curiosité. Promesse est faite de ne pas en rester là et de combler les manques, grain par grain, pour bien marquer que l'on a entendu la confidence du poète Abdallah Zrika : « Je ne voudrais pas être enseveli sous l'énorme amas de sable. C'est ainsi que j'appréhende mon identité en ce monde qui rappelle par sa forme un gigantesque monticule de sable. Je ne voudrais pas être le monde mais le grain, la particule, singulière et distante du tumulte ».


« Avec son Dictionnaire des écrivains marocains, ce lecteur impénitent, fin connaisseur de la mécanique interne des textes, décrit les auteurs de son pays en décortiquant le parcours, les exploits, les couacs et les incohérences de chacun. Le fait qu’il ne maîtrise pas l’arabe ne lui a pas permis d’accéder à quelques textes majeurs. Peu importe, Jay ne prétend pas à l’exhaustivité. Il est tout de même parvenu à rendre compte d’auteurs arabophones traduits. On sent, tour à tour chez lui, une admiration mesurée pour Mohamed Berrada qui "aime les personnes et les personnages", de l’estime pour l’érudition d’Ahmed Taoufiq, de l’empathie pour la poésie exigeante d’Abdellah Zrika. Sur ses pairs, auteurs francophones, Jay a une sensibilité qui varie selon la force, l’attrait ou la révulsion que provoque chez lui l’auteur en question. Ainsi, des classiques (Chraïbi, Benjelloun …), seul Mohamed Khaïr Eddine, proclamant "je ne serai qu’un auxilliaire du verbe régnant" trouve grâce à ses yeux. Il est également séduit par les écrits d’Edmond Amran El Maleh, dont il salue "l’horloge interne sûre". Sur la nouvelle génération, il ne manquera pas d’apprécier la quête d’individualité qui séduit d’emblée dans Les dents du topographe de Fouad Laroui. Il ne s’empêchera pas, au passage, de descendre en flamme la "recherche obstinée d’effet" chez Youssef Amine El Alamy ou encore "la facilité de plume" d’une Bahaa Trabelsi qui écrit la haine noire sans jamais lui donner corps dans son texte. » (extrait d’un article de Driss Ksikes, TelQuel, 2005)

« Bien entendu, quelques noms, déjà très connus, se détachent : de Driss Chraïbi à Rachid O., en passant par Tahar Ben Jelloun, Mohammed Choukri, Mohammed Khaïr-Eddine, Abdelkébir Khatibi (dont vient de paraître Féerie d'un mutant, au Serpent à plumes), Mohammed Mrabet, Fouad Laroui, Abdellatif Laâbi, Abdelhak Serhane. Salim Jay rend justice à leur notoriété, mais s'autorise aussi de cinglants réajustements d'évaluation.

C'est surtout avec les découvertes que Salim Jay révèle sa passion de lecteur. Ainsi sur Abdellah Taïa (dont paraît Le Rouge du tarbouche, Séguier), talentueux nouvelliste qui poursuit sa quête d'identité, sexuelle et poétique, entre ses souvenirs de Salé et ses rencontres parisiennes, entre des hommages à Jean Genet, Abelfattah Kilito et Paul Bowles et des expériences de solitude et d'amitié sensuelle. Tel romancier publié en Belgique (Issa Aït Belize), tel chanteur-poète (Larbi Barma), telle victime des « années de plomb » (Jaouad Mdidech), telle chroniqueuse décapante (Aïcha Mekki), tel poète dénonçant l'islamophobie d'une vedette des médias (Abdel-Illah Salhi) sont célébrés et ainsi arrachés au silence ou à la discrétion qui ont trop souvent accueilli en France leurs publications. » (extrait d'un article de René de Ceccatty, Le Monde, 1er juillet 2005)


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