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Écrits de prison

par Leyla Zana

( Livre )
Des femmes
Langue d'origine : kurde
Traduit par Kendal Nezan
1995, 114 p., 12 euros

Préface : Claudia Roth - ISBN : 2721004603

Le récit de la première femme kurde à avoir été élue députée au parlement de Turquie, déchue de son mandat et emprisonnée pour délit d'opinion.

« Je voudrais par ce recueil, transmettre aux femmes kurdes comme à toutes les autres, le même message de combat : parlez ! prenez la parole ! Exprimez-vous par tous les moyens ! Que nul ne puisse plus jamais vous dire : "Femme, tais-toi !" Refusons de nous taire ! Parler librement, c'est déjà une avancée décisive sur le chemin de la liberté. » (l'auteur)

« Leyla fut condamnée à quinze ans de prison.
Son courage impressionna l'ensemble des observateurs internationaux présents.
De quel crime était-elle accusée ? Rien, si ce n'est des déclarations et des témoignages sur le sort de son peuple, l'évocation des doléances et des aspirations de ses électeurs : l'exercice courant d'un mandat parlementaire, exercé librement dans nos démocraties mais interdit en Turquie, où une centaine d'écrivains, de journalistes et députés sont détenus dans les geôles turques pour "délit d'opinion".

Leyla Zana a osé parler de la destruction du Kurdistan, village après village, vallée après vallée, des déportations, des massacres de la population civile, des assassinats d'intellectuels kurdes par l'armée et les forces paramilitaires.
Elle a appelé la communauté internationale à réagir pour faire cesser cette tragédie. » (Extrait d'un article d'Antoinette Fouque, Libération, 15 janvier 1998).

« Quand elle a prononcé son discours d'investiture, en 1993, par lequel tout député est tenu de rappeler son engagement à la constitution turque, elle a précisé qu'elle effectuait cet acte sous la contrainte, rajoutant, ce qui allait la condamner, qu'elle défendrait le droit à la reconnaissance des droits du peuple kurde, son identité culturelle, et l'amitié entre les peuples turc et kurde au sein de la Turquie. Levée de bouclier à l'Assemblée nationale, arrestation, emprisonnement et torture par décharges électriques sur le sexe : Leyla va être également condamnée à mort pour terrorisme d'Etat, accusée de séparatisme, au nom de l'article 8 de la Constitution. Six autres députés kurdes sont arrêtés avec elle.

Leyla Zana est devenue cependant un symbole de la résistance et particulièrement de celle des femmes kurdes enfermées dans les prisons turques, durement torturées et violées. On en est au tout début de la dénonciation des violences que ces femmes subissent. La conscience internationale se forge autour de Leyla grâce aux différents réseaux de la Fédération internationale des femmes, dont l'association Femmes solidaires, mais aussi France-Libertés, la Fédération internationale des Droits de l'Homme, Amnesty international, qui a reconnu le statut de prisonnière politique à Leyla Zana, en 1997. Elle devient une prisonnière gênante pour le gouvernement turc qui a proposé qu'elle soit libérée l'année dernière pour raisons de santé. Leyla a refusé. Elle veut être libérée avec les autres parlementaires. » Sylvie Jan. L'article complet : Leyla Zana contrainte à la grève de la faim entretien avec Sylvie Jan, par Françoise Amossé, Regards mai 1999.



 
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