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Édouard VII, 1841-1910 : Le Prince de l'entente cordiale

par Antoine d' Arjuzon

( Livre )
Perrin
2004, 406 p., 23 euros

ISBN : 2262019614

Fils de la reine Victoria, le futur Édouard VII (1841-1910) devra attendre soixante ans pour ceindre la couronne d'Angleterre. Sa jeunesse fut marquée par quelques frasques qui lui valurent d'être impliqué dans des scandales retentissants. Animé d'une ardente francophilie et passionné par la politique étrangère, il établit, au cours de fréquents voyages à Paris, des relations confiantes avec Napoléon III, puis avec des hommes politiques de la IIIe République aussi connus que Gambetta, Delcassé ou Clemenceau.

Devenu roi, Édouard VII poursuit logiquement dans la même voie. Dans un contexte international difficile (affaire de Fachoda, guerre des Boers soutenue par l'opinion française), il fait en 1903 un voyage officiel en France et, par son charme et sa persuasion, retourne l'opinion en faveur de son pays. L'Entente cordiale était née. Au-delà de la biographie fouillée et exhaustive d'une forte personnalité, l'auteur évoque avec brio les fastes de l'Angleterre à une époque où elle régnait sur le monde.

« Un goût prononcé pour les plaisirs aussi : bonne chère et jolies femmes. Si bien qu'il fit scandale bien davantage que son actuel successeur. Et accourut à Paris en 1880 pour y retrouver une jeune femme dont il était amoureux, la fille d'un magnat des chemins de fer américain.


Une légende le montre participant aux folles soirées du Moulin-Rouge. Mais son biographe Antoine d'Arjuzon, qui a compulsé les rapports des policiers attachés à ses pas, n'en a trouvé aucune mention. Ni aucune trace de sa fréquentation des lupanars les plus célèbres.


Que cette attirance pour la France et ses bonheurs ait joué un rôle dans la marche vers l'Entente cordiale est possible. Mais Albert, devenu roi sous le nom d'Édouard VII, avait d'autres raisons, géopolitiques, de souhaiter ce rapprochement.
Il s'inquiétait des ambitions de Guillaume II. La France de Delcassé, elle, se sentait quelque peu isolée en Europe. Surtout, les deux pays voulaient se partager l'Afrique. Celle du Nord : à toi le Maroc, à moi l'Égypte. Celle du Centre : cartes en main, les négociateurs traçaient des pointillés hasardeux. La France et la Grande-Bretagne, alors, pouvaient se partager les continents. Plus pour longtemps. » (extrait d’un article de Jacques Duquesne, L'Express, 5 avril 2004)

Dans BiblioMonde

Les coulisses de l'Entente cordiale


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