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Eisenstein

par Dominique Fernandez

( Livre )
Grasset & Fasquelle
2004, 286 p., 17 euros
Première édition : 1975
ISBN : 2246027624

Une édition revue et augmentée

Le Cuirassé Potemkine est reconnu comme un des plus grands classiques du cinéma mondial. Nous avons, tous, vu d'autres films d'Eisenstein : Grève, La Ligne générale, Alexandre Nevski, Ivan le Terrible, Octobre. Nous savons qu'Eisenstein a créé le cinéma révolutionnaire mais nous n'avons qu'une connaissance superficielle du créateur lui-même. Dominique Fernandez n'a pas écrit une biographie ordinaire. Il s'est attaché à découvrir les liens profonds qui existent entre la vie et l'œuvre du grand cinéaste : « L'œuvre d'Eisenstein, dit-il, est une autobiographie ininterrompue mais sous la forme d'une transposition grandiose qui est le contraire de l'aveu. » C'est à partir des films qu'il a reconstitué ce qui pouvait bien être arrivé à leur auteur : la psychologie de la création est étudiée à travers les œuvres, grâce aux œuvres, selon une méthode dont tout le monde sait qu'elle a renouvelé la critique littéraire et la critique d'art.

Dominique Fernandez se livre à une analyse formelle très poussée, des six, films d'Eisenstein. Il souligne notamment, ce qu'exprime le « montage » pour le cinéaste. À travers cette étude, il révèle les obsessions profondes d'Eisenstein : enfant mis en pièces par l'éclatement de la cellule familiale, citoyen soviétique aux prises avec la tentation homosexuelle, personnage pathétique qui, pendant de longues années, n'arriva ni à vivre ni à créer. Cet ouvrage se lit aussi comme un roman, le plus tragique qui soit. C'est aussi une admirable méditation sur la création, sur la quête et la fuite de soi à travers une œuvre, sur les rapports mystérieux qui unissent l'échec personnel et le génie créateur.

« Né à Riga en Lettonie, devenu communiste, Sergueï Mikhailovitch portera toute sa vie le fardeau de sa condition de "gosse de riche". Son père, qu’il considère comme un traître, fuira la Révolution à l’arrivée de Lénine au pouvoir. C’est à Moscou, où il vient étudier le japonais, que le jeune Sergueï découvre le théâtre. Il le pratiquera de 1920 à 1924, en tant que décorateur puis comme metteur en scène dans une organisation chargée de diffuser la culture parmi les travailleurs. L’influence du futurisme, du cubisme et du rayonnisme est alors primordiale, à la fois dans les décors, l’histoire et la mise en scène, dans une négation totale de l’héritage culturel. De cette expérience théâtrale va naître toute sa pratique cinématographique; il poussera à l’extrême toutes les facettes qu’il développa au théâtre. Son cinéma est l’opposé du réalisme tant dans le jeu des acteurs, qu’il demandait volontairement outré, que dans le montage, cette technique particulière au septième art et qui caractérisera le cinéaste russe : "l’essence d’un film ne réside pas dans le contenu des morceaux tournés, mais dans la manière dont ils sont reliés. » (extrait d'un article de Marion Perceval, Parution.com, 18 février 2004 )


La première édition de cet ouvrage avait reçu le prix Jean Epstein en 1975

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Montage Eisenstein

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