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Enfant du jeudi noir (L')

par Alexandro Jodorowsky

( Livre )
Métailié
Collection Bibliothèque latino-américaine
Langue d'origine : espagnol (Chili)
Traduit par Caroline Lepage
2002, 253 p., 9.5 euros

ISBN : 2864244438

Après avoir fui l'enfer des mines de cuivre du nord du Chili, Jaime - communiste athée pour qui l'unique idéal de l'homme réside dans un estomac bien rempli -, et Sarah Felicidad - qui du haut de ses deux mètres zéro sept s'exprime comme les anges en émettant des notes de musique -, donnent naissance à Alejandro un certain jeudi noir de 1929. C'est la chance que saisit le Rebbé - le rabbin-protecteur qui habite les jodorowsky de père en fils qui investit le petit Alejandro et devient son maître et sa conscience.

« Alejandro Jodorowsky nous livre ses secrets de famille, exploits extraordinaires où se mêlent dérision et sorcellerie poétique, carnaval loufoque où la nature mystico-humaine fait encore parler d'elle dans un monde enchanteur et drolatique où perce un culte de la vie qui nous fait rêver. » (présentation de l’éditeur)

« J'ai commencé cette saga avec l'Arbre du dieu pendu, qui raconte la vie de mon grand-père. Je la poursuis ici avec l'histoire de mes parents et je la terminerai dans mon prochain livre qui traitera de mon adolescence. C'est aussi une autobiographie, mais je n'en suis pas le personnage central. Le personnage central est effectivement le Rebbé, qui a hanté l'esprit de mon père et celui de mon grand-père. On peut penser qu'il est irréel. Mais, en fait, ce Rebbé a été une réalité psychologique pour mon grand-père, qui était schizophrène, et une réalité concrète pour moi, qui ai subi cet héritage dès mon enfance. C'était l'unique personnage avec qui je jouais. C'est devenu une partie de moi-même. Aujourd'hui encore, ces souvenirs sont réels. De toute manière, je crois l'imaginaire important, car le monde devient toujours ce qu'on imagine qu'il est.

Les circonstances ont fait de moi un fils d'immigrants, qui avaient choisi le désert justement parce qu'il était impossible d'établir ses racines dans un tel endroit. Aussi je n'ai vécu jusqu'à onze ans qu'avec les bruits du vent et du sable. Pas un seul cri d'oiseau ou chant de cigale, pas un seul murmure de ruisseau. Ça m'a formé : je n'étais qu'avec moi-même. Mais c'était très différent du vide. La stérilité de cet endroit a créé en moi, paradoxalement, la fertilité. Le lieu où tu nais, ça te marque pour toujours, non ? Même si l'on fuit ce lieu, il est toujours présent dans l'âme, et je vis, pour cette raison, sans nostalgie. C'est une source de richesse permanente. Mon Chili, ce pays imaginaire de mes romans, est devenu réellement mon pays. J'y vis encore. » (extraits d'un entretien de l'auteur avec Pascal Jourdana, L'Humanité, 1er juin 2000)

Dans BiblioMonde

Le début de la chronique familiale de l'auteur : L'Arbre du dieu pendu, consacré à ses ancêtres.

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Notre dossier sur le Chili

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