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N'entre pas si vite dans cette nuit noire

par António Lobo Antunes

( Livre )
Christian Bourgois
Langue d'origine : portugais
Traduit par Carlos Batista
2001, 672 p., 25.92 euros

ISBN : 2267015951

Une vaste saga familiale qui a pour cadre une vieille villa d'Estoril.

« Maria Clara, "Mademoiselle", l'homme de la maison, livre pensées et souvenirs. Une villa d'Estoril abritant connivences et conflits entre maîtres et domestiques. Le casino où la grand-mère joue l'argent que lui donne sa dame de compagnie. Une sœur haïe pour sa beauté. Un père aimé, sans famille, retiré dans un grenier dont il défend l'entrée, jusqu'au jour où il part subir à l'hôpital une opération à cœur ouvert. Maria Clara s'empare alors de la clef. Au fond des armoires la relique d'une filiation ignorée : photos, cahiers d'écolier, jouets, attributs de pauvre qui s'empoussièrent au-dessus d'une famille considérant la misère comme une infériorité mentale. Autant d'indices sur lesquels Maria Clara s'arrête et se perd au fil d'une enquête généalogique. Une fouille fébrile des vestiges cachés par un père, trafiquant d'armes, ayant plus d'un trait commun avec une des servantes de la maison. Le récit prolifère, bifurque, se contredit dans un jeu de conjectures et de surimpressions. La voix de Maria Clara se divise pour emprunter celle de personnages réels et fantasmatiques. L'écriture se morcelle, les mots même se dérobent au profit de l'ellipse, du non-dit affectif et des collisions poétiques. Cette chronique mobile d'une enfance enfouie apparaît enfin comme le journal intime de Maria Clara rédigé trente ans plus tard. L'objet du récit devient alors l'histoire de sa propre création, renvoyant au premier genre de l'histoire littéraire : la cosmogonie. Et la quête de Maria Clara, illustrant le désir que l'homme eut toujours de recouvrer une intimité étrangement égarée, rejoint l'interrogation incessante qui constitue un roman et le modèle selon une symétrie étagée dans le temps. » (présentation de l'éditeur)

Sur la Toile

Bourgeoisie décadente, rapports troubles entre maîtres et serviteurs, relents de fascisme et nostalgie de l'enfance : le romancier portugais reprend tous ses thèmes dans un immense "poème". (une critique d'Isabelle Rüf, Le Temps 8 septembre 2001)

Une critique Par Isabelle Falconnier, Hebdo, 23 août 2001)

Une autre par Florence Trocmé

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