BiblioMonde

C'est l'espoir qui meurt en dernier

par Alexandre Dubcek

( Livre )
Fayard
1993, 23 euros

ISBN : 221303088X

Les mémoires du grand acteur du « printemps de Prague » recueilli et retranscrite par Jiri Hochman.

« Qui aurait osé parier une couronne, à la fin des années 1960, sur l'avenir d'Alexandre Dubcek, ce naïf égaré au pouvoir puis jeté dans la fosse aux lions ? Eh bien, le plus exposé, le plus fragile des grands acteurs du "printemps de Prague" fut le seul en mesure de revenir sur le devant de la scène lorsque entra en agonie l'empire qui le persécutait. Pendant vingt ans, il avait été réduit au rang de "non-personne". Puis, ayant abandonné depuis longtemps le communisme pour retrouver la social-démocratie, il reprit sa place à la présidence du Parlement.(...)

Dans cette suite de confidences, il dit ce dont il se souvient, depuis l'enfance en Asie centrale jusqu'à la "révolution de velours" en passant par la guerre, la montée dans la nomenklatura, le rêve du "socialisme à visage humain", la chute, l'exil, la vie sous surveillance pendant deux décennies. Le lecteur retiendra surtout les treize chapitres qui portent sur la période 1967-1969, avec l'été crucial de 1968. Sur le fond, ce récit ne nous apprend pas grand-chose. Les événements tels que les vécut l'acteur principal se sont bien déroulés de la manière rapportée à l'époque par Michel Tatu, dans le Monde, et d'autres correspondants de la presse internationale. Mais, dans le détail et dans le jugement qu'il porte sur les hommes, l'autobiographe nous instruit et nous amène à corriger des idées admises. (...)

Reste à savoir si le premier secrétaire du PC tchécoslovaque était suffisamment teinté de kremlinologie pour dominer son sujet. Si étonnant que cela soit s'agissant d'un homme versé dans l'appareil depuis vingt ans et éduqué dans une école du parti à Moscou, il paraît plutôt désorienté dans ce monde. Passons sur des erreurs que les circonstances expliquent (il est mort avant d'avoir pu lire et corriger ses propos) : à un endroit, il fait servir sous Andropov et Tchernenko un Souslov qui précéda Brejnev dans le trépas. La méconnaissance est autre : étranger à cet univers qui aurait pu être le sien, Dubcek perdit la rude bataille qu'il n'avait su prévoir. Il y gagna tout de même l'honneur d'entrer au Panthéon des honnêtes gens. » (extraits d'un article de Bernard Féron, Le Monde, 21 mai 1993)

Dans BiblioMonde

Le printemps de Prague par Pavel Tigrid

Le Printemps tchécoslovaque (1968)

Notre dossier sur la Slovaquie (BiblioMonde)

____________________________________________

Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.




 
© BiblioMonde.com