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Éthiopie-Érythrée. Frères ennemis de la Corne de l'Afrique

par Fabienne Le Houérou

( Livre )
Harmattan (L')
2000, 159 p., 18.29 euros

Co-éditeur : Les nouvelles d’Addis - ISBN : 273849319X

Le conflit érythréo-éthiopien et ses rapports avec les origines de la nation érythréenne, analysée comme une pure création du colonialisme italien


« L'Érythrée finit par acquérir son indépendance après une guerre de trente ans (1961-1991) l'ayant opposé à l'Éthiopie. Alliés dans la lutte contre le lieutenant-colonel Mengistu, les dirigeants des fronts de libération tigréen et érythréen se retrouvent à la tête des deux États. Depuis le renversement du dictateur éthiopien, ils avaient noué des relations cordiales. Malgré une entente apparente, des hostilités éclatent en 1998 et conduisent les deux frères à se livrer une véritable guerre. Guerre d'honneur ? Conflit identitaire ? Pour répondre à ces questions, Fabienne Le Houérou se tourne vers son terrain en faisant conjuguer différents chantiers de recherche en Éthiopie et en Érythrée. Elle tente de faire ressortir, dans cet essai, les ancrages historiques de cette crise par la voix même des acteurs de l'histoire. Ces acteurs sont supplétifs érythréens de l'armée coloniale italienne : les ascari, résistants éthiopiens à la conquête de Mussolini, femmes combattantes pour l'indépendance de l'Érythrée et classe politique au pouvoir dans les deux pays. Autant de témoignages qui nous éclairent sur l'ambiguïté, l'ambivalence et la complexité des rapports entre l'Éthiopie et l'Érythrée. Les outils techniques (vidéo) utilisés, pour cet ouvrage, permettent de poser un regard original sur l'émergence de la nation érythréenne. » (présentation de l’éditeur)


« On apprend beaucoup dans ce livre sur le Front populaire de libération (FPLE), sa nature (contre-société ou secte ?), son mode de fonctionnement, la promotion des femmes et la difficile adaptation à l’indépendance. On apprend ainsi que jusqu’en 1977, les relations sexuelles entre combattants étaient punies de mort ou du moins par les travaux forcés ("Les hommes étaient envoyés dans des mines de sel" – p. 69); le pouvoir cloisonné ("Les Éthiopiens voulaient me faire parler mais je ne savais rien. Je n’étais pas dans le secret de nos chefs" – p. 71); la démocratie ("Des conseils de village ont été institués afin d’élaborer et faire respecter les lois du Front" – p. 70); et surtout le formidable retour en arrière après la fin de la guerre ("Les familles souhaitent nous remettre à nos fourneaux" et… "gardiennes des traditions, les femmes qui n’ont pas participé à la guerre, finissent par avoir le dernier mot dans ce combat silencieux" – p. 79). Les anciennes combattantes forment des “déviantes”, doivent faire face à de nombreuses difficultés matérielles mais aussi sociales et familiales. Les deux tiers sont célibataires ou divorcées et beaucoup se sentent trahies : leurs époux ont convolé en secondes noces avec des "femmes traditionnelles". Le Front perd ainsi beaucoup de ses oripeaux romantiques révolutionnaires.

À lire aussi le lumineux entretien avec Sabat Nega, qui amène un nouvel éclairage avec les concepts de chauvinisme et de "complexe de supériorité" des Érythréens. » (extrait d’un article de Mohamed Abdelmajib, Les Nouvelles d’Addis)

Un entretien entre l’auteur et Seyoum Mesfin, ministre des Affaires étrangères d'Éthiopie (1er mars 1999)

Dans BiblioMonde

L’Érythrée : un ouvrage très nationaliste, à l’opposé de la thèse de Fabienne Le Houérou

L'Éthiopie contemporaine

La langue tigréenne

La langue amharique

Sur la Toile

Le miracle érythréen par Fabienne Le Houerou (1997)



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