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Forêt dans le fleuve (La)par Lídia Jorge (
Livre
) « En quelques lignes d'exergue, Lidia Jorge précise bien qu'elle ne veut pas faire une parabole, mais diriger le lecteur "vers ce recoin de la perplexité où rien n'est majestueux ni symbolique, mais où tout est important, comme les soupirs, les rhumes et les bains de mer". Elle y parvient dans un très beau roman torrentueux, qui, charriant le meilleur et le pire de deux existences, reproduit "l'intimité parlée" de deux personnages : Julia Grei, la narratrice, que la romancière dit avoir rencontrée dans un café de Lisbonne, et son amie Anabela Cravo, connue seulement à travers les dialogues, ses gestes, son comportement. Deux jeunes femmes dans le Portugal d'après la révolution des œillets. Entre elles, sans rien de sexuel, naît une amitié passionnée, faite d'une fascination réciproque pour la façon de vivre de l'autre, de vivre ou de survivre, dans la ville contemporaine, d'être reliée à la nature, aux hommes, à elle-même. Julia a un emploi dans une librairie, son mari David est mort, son petit garçon, Joia, maladif et surdoué, est attiré par les mathématiques et les questions métaphysiques. Pourtant - elle ne saura jamais pourquoi -, il cherche à s'empoisonner avec de la mort-aux-rats. Anabela Cravo, elle, veut devenir avocate, elle se prostitue pour payer ses études, par moments elle aimerait avoir un enfant, mais a recours à l'avortement : la scène où la "faiseuse d'anges" raconte que le fœtus expulsé poussait des cris est d'un tragique inoubliable. L'une et l'autre subissent leur destin au hasard des soucis d'argent, des amours de rencontre, des déménagements, dans un écoulement du temps dont Julia dit qu'il échappe à l'agitation politique. Et Lisbonne est là, avec le mouvement du fleuve, les couleurs des nuages et des rues, et la forêt des sentiments enchevêtrés, des passions mystérieuses. » (extrait d'un article de Francine du Martinoir, La Croix, 16 mars 2000) « Deux femmes que lie une amitié-coup de foudre : Júlia Grei, la jeune veuve encore adolescente, dont le seul garde-fou est Jóia, son petit garçon, et Anabela Cravo, la conquérante qui se prostitue pour payer ses études d'avocate. Elles n'ont rien en commun, sinon leur fascination mutuelle et la solidarité qui les lie. De son écriture précise et raffinée, Lídia Jorge nous conduit subtilement à travers les méandres de cette amitié, qui aide chacune à se construire avant de détruire l'autre, et qui s'achève dans l'analyse des relations étroites qu'entretiennent l'amour et la trahison. Júlia et Anabela nous entraînent dans leurs trajectoires croisées qui passent par l'abjection de la prostitution pour atteindre la conquête de soi. » (présentation de l’éditeur) « La romancière entrelace les deux brins de sa trame, les deux coloris de son univers, avec une virtuosité qui force l'admiration. On ne peut manquer d'être étonné par ce registre qui va de Maupassant à Virginia Woolf, par ces motifs qui reviennent à l'envers du tapis avec une si parfaite sûreté de dessin. » (Jacques Fressard, La Quinzaine littéraire) Le roman est paru au Portugal en 1984. Sur la Toile Réédition du troisième ouvrage de Lídia Jorge, qui conte les tribulations-transformations d'une madone moderne. Féministe, animiste, sans dieu. (par Dominique Aussenac, Le Matricule des Anges)
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