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Frontière

par Pascal Quignard

( Livre )
Gallimard
Collection Folio
1994, 96 p., N°2572, 4.5 euros
Première édition : Chandeigne - 1992
ISBN : 2070388042

Un très beau livre reposant sur une nouvelle de Pascal Quignard inspirée de ce lieu magique de Lisbonne qu'est le Palais Fronteira. À la fiction qui fait revivre un Portugal du XVIIIe siècle s'ajoute une notice historique de José Meco (spécialiste des azulejos).

Cette édition de poche est intéressante pour découvrir le texte savoureux de Pascal Quignard, mais seule l'édition originale permettra de profiter pleinement de la riche iconographie : une centaine de photographies de Nicolas Sapieha et Paulo Cintra. Sur la fiche de l'édition originale, vous trouverez une série de liens sur les azulejos.

« Depuis cinq siècles, des carreaux de faïence polychrome à dominante bleue, les azulejos, sont la constante de l'architecture portugaise. Simples ornements ou vastes compositions murales, on les retrouve dans tous les édifices, à l'extérieur comme à l'intérieur.

Le palais Fronteira, au pied de la colline de Monsanto, à la lisière de Lisbonne, possède un ensemble unique d'azulejos du XVIIIe siècle. Ce livre présente un thème récurrent de l'ornementation des jardins : le Bestiaire. Les animaux y travestissent la vie quotidienne, allégories burlesques ou satiriques, présences silencieuses, inquiétantes ou fantastiques.
Fasciné par ces lieux, Pascal Quignard a composé un récit, La frontière, qui ressuscite les énigmes des ombres bleues et les déchiffre dans la narration d'une double vengeance. » (présentation de l'éditeur)

« Pascal Quignard, dont on connaît la capacité d'investir, par l'imagination et l'écriture, des aires temporelles ou géographiques lointaines et cachées, ne s'est pas approprié les motifs des azulejos du palais Fronteira. Il a simplement saisi, dès le titre de son récit ? la Frontière, ? quelques noms et dates de l'histoire portugaise pour les inclure dans une fiction, une "fantaisie", aussi libre que le décor de céramique. Aussi inquiétante. Éros y prend le masque violent de la vengeance. La passion et ses instruments sont sacrifiés dans un fatal combat d'amour et de mort. Métaphore du thème du regard, la castration devient la sanction du désir viril voué au "néant" et à l'"air".

Insensiblement, sous les dehors d'un style glacé, impeccable, où le classicisme de l'écriture équilibre le caractère débridé et sanglant de la fable, Pascal Quignard met en images littéraires, prolonge la superbe et muette narration dessinée sur les murs du palais. À la fin de son récit, il fait dire au régent et futur roi D. Pedro II qui fait les honneurs de la demeure au prince toscan Cosme de Médicis (visite historiquement attestée en février 1669) : "L'homme est perdu dans ses désirs comme nos caravelles dans les mondes nouveaux. Comme celui qui rêve est perdu dans son rêve." » (extrait d'un article de Patrick Kéchichian, Le Monde, 7 août 1992)

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