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Géopolitique de la Grèce

par Georges Prévélakis

( Livre )
Complexe
Collection Géopolitique des États du monde
2006, 144 p., 14.5 euros
Première édition : 1997
ISBN : 2804800733

La seconde édition d'un ouvrage de référence sur la question , mis à jour par Constantin Prévélakis, doctorant en histoire à l'Université de Paris IV, IFEA.


Facteur de stabilité dans les Balkans ou « mauvais élève » de l’Europe ? la Grèce n’a pas cessé, depuis le XIXe siècle, de constituer un enjeu géostratégique majeur pour les puissances européennes et occidentales.

La question chypriote est devenue un dossier important dans les relations entre la Grèce et ses partenaires européens. L’ouverture de l’Europe vers le Sud-Est suppose aussi une étroite association entre l’Union européenne et la Turquie et par conséquent un réel rapprochement entre la Grèce et la Turquie.

Au XXe siècle, la Grèce a été perçue par les puissances occidentales comme une position stratégique, une plate-forme d’expansion vers l’Orient, ou une forteresse pour protéger l’espace maritime de la menace des puissances continentales. Elle a aussi un rôle important à jouer, de par sa situation, ses traditions culturelles, le dynamisme de ses milieux d’affaires et de ses armateurs… pour relancer l’économie régionale. Mais, il lui faut, tout d’abord parvenir à surmonter ses contradictions et ses pesanteurs internes, un temps masqué par les préparatifs de la fête olympique qui s’est déroulée en 2004. Tel est un des objectifs que s’est donné le gouvernement Caramanlis issu de la dernière alternance politique.


« Voilà enfin une lacune comblée et de belle manière, intelligente et pédagogique. La bibliographie française sur la Grèce péchait par une trop grande spécialisation et une relative faiblesse en histoire contemporaine. (...) Georges Prévélakis a relevé ce défi dans une collection qui ne lui laissait guère de liberté compte tenu de la pagination réduite. Il lui a donc fallu résumer tout en étant le plus exhaustif possible. L’auteur qui a déjà publié un manuel sur les Balkans en 1994, s’en est parfaitement sorti, sans tomber dans le piège des généralités et des banalités. C’est que Georges Prévélakis n’est pas un géographe ordinaire. spécialiste de géopolitique, esprit libre, il est coutumier des analyses hétérodoxes. Ses prises de positions sont d’ailleurs, forts peu appréciées des milieux nationalistes grecs, prompts à dénoncer tous les « traîtres à la patrie » par voie de presse.

L’ouvrage s’ouvre sur une présentation de l’« espace grec » au sens historique et géographique du terme. espace mouvant qui a grossi et rétréci au gré des conflits. Espace convoité par les voisins albanais, macédoniens, bulgares et turcs, comme l’a encore montré, en 1996, le conflit gréco-turc pour l’îlot d’Imia, dans le Dodécanèse. Espace morcelé entre les massifs continentaux et les chapelets d’îles des mers Égée et Ionienne. Espace maritime, donc, qui a forgé l’âme grecque, mais espace en partie revendiquée par la Turquie...

La deuxième partie, consacrée à l’identité politique de la Grèce, fournit les clés indispensables pour comprendre l’hellenisme contemporain, avec ses forces et ses faiblesses. car les Grecs d’aujourd’hui ne sont pas que les descendants des Périclès et autres Aristote. L’hellénisme, par le biais de la culture, de la religion et du commerce, a servi de creuset aux populations albanaises, valaques et slaves. Il n’a pas permis, en revanche, d’intégrer la minorité turque qui reste victime d’une certaine ségrégation.

Georges Prévélakis aborde aussi un sujet peu connu hors de Grèce : les contrastes régionaux. en son temps, le grand géographe français Gravier avait publié un célèbre Paris et le désert français. Le schéma s’applique sans peine à la Grèce dont la capitale, Athènes, concentre près de la moitié de la population et la grande majorité des activité économiques et commerciales du pays. Malgré la volonté décentralisatrice des socialistes du Pasok, la province pâtit de cette situation. Salonique n’a toujours pas retrouvé sa vocation de capitale des Balkans - un titre qui lui revenait de droit après la chute du communisme dans la région. Cet échec - explique l’auteur - est dû à l’embargo international contre la Serbie et au blocus contre la Macédoine.

Vient ensuite un chapitre qui retrace l’évolution du système politique, des années 1970 à nos jours, et brosse un tableau des principales forces en présence; le tout agrémenté d’une chronologie détaillée (de 1821 à 1996) et d’un encadré sur la question du régime (monarchie ou république) - une polémique qui a longtemps empoisonné la vie politique du pays. Mais Georges Prévélakis va plus loin et insiste, à raison, sur le rôle primordial d’autres acteurs tels l’église, l’armée, les médias et le monde des affaires. Sans oublier de souligner l’importance d’un phénomène typiquement méditerranéen qui gangrène la démocratie aussi bien en Espagne, en Italie, qu’en Grèce, à droite comme à gauche : le clientélisme.

Ce tour d’horizon s’achève par les relations extérieures où la querelle gréco-turque tient évidemment une place privilégiée avec, en toile de fond, l’affaire chypriote. » (extrait d’un article de Christophe Chiclet, Politique internationale, 1997)

Dans BiblioMonde

Notre dossier sur la Grèce (BiblioMonde)

Le conflit helléno-turc

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