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Globbe-trotter

par David Albahari

( Livre )
Gallimard
Collection Du monde entier
Langue d'origine : serbo-croate
Traduit par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli
2006, 215 p., 19.5 euros

ISBN : 2070767523

Roman

Daniel Atias possède le visage que le narrateur de Globe-trotter a toujours rêvé de peindre. Ce dernier est canadien et, comme Atias, il bénéficie d'une bourse de séjour offerte par la petite ville de Banff, dans les Rocheuses canadiennes. Fasciné par son visage, il passe l'essentiel de son temps avec cet écrivain juif belgradois peu loquace, qui suscite sa curiosité. Lors d'une visite au musée de la ville, tous deux tombent sur les traces d'un certain Ivan Matulié, globe-trotter croate ayant résidé à Banff dans les années vingt. Apprenant que le petit-fils de ce Matulié vit à Calgary, tout près de là, ils l'invitent à passer une journée avec eux. Le duo devient trio, mais le narrateur se rend vite compte que la relation entre le petit-fils de Matulié et Daniel Atias porte en elle les déchirures d'un pays qui n'existe plus, l'ex-Yougoslavie. À la veille du départ d'Atias, lors d'une dernière excursion à trois, les tensions entre celui-ci et le petit-fils de Matulié deviennent de plus en plus évidentes... L'interrogation autour des fractures de l'Histoire et des conséquences sur l'identité de chacun reste au cœur de ce nouveau roman de David Albahari. La culpabilité, la fascination, le trouble, le désir et la difficulté de pardonner, tous ces sentiments sont magistralement évoqués par l'auteur dans un récit puissant et subtil.

« Cette fois, le tunnel fait deux cents pages, il est mal éclairé au bout, et pourtant on tient le coup, comme à nager sous l'eau, on n'a pas le choix, il faut gagner la sortie, à la fois sortie du livre et libération du sortilège jeté sur le lecteur par cette fausse prétention à écrire mal (les livres d'Albahari sont presque toujours écrits par un amateur sous le contrôle d'un personnage qui lui donne des leçons d'écriture). Le narrateur ignore tout du style direct et une grosse partie du texte, qui rapporte les conversations des protagonistes, est émaillée de "ai-je dit", "ai-je poursuivi" (quatre dans la seule première page), mais cet artifice devient vite l'arme secrète de l'écriture et de l'emprise qu'elle a sur le lecteur : tout ce qui est donné à lire vient du narrateur, passe par lui, la moindre pensée de l'autre, son moindre désir, ses troubles, ses culpabilités. Et pourtant ce narrateur n'est pas le mieux placé pour comprendre. » (extrait d'un article de Jean-Baptiste Harang, Libération 16 février 2006)

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