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Grand Robert de la langue française (Le)

par Josette Rey-Debove, Alain Rey (direction de l'ouvrage)

( Livre )
Le Robert
2001, 396.36 euros
Première édition : 1953
13420 pages - ISBN : 2850366730


Le dictionnaire le plus complet de la langue française : un coffret de 6 volumes.

« Paul Robert conçoit l'ouvrage comme le mariage entre un dictionnaire alphabétique traditionnel et un dictionnaire analogique, regroupant les expressions d'une même idée. Couronné dès le premier fascicule en 1952 par l'Académie française, le Robert en six volumes voit le jour en 1964 et connaît un succès immédiat. Une mise à jour dirigée par Alain Rey et Danièle Morvan aboutit en 1985 puis en 2001 à deux nouvelles éditions. » (Alexie Lorca, Lire)

« - La plus grande nomenclature de tous les dictionnaires actuels de la langue française, enrichie de nombreux ajouts qui couvrent les évolutions du vocabulaire jusqu'en 2001.

- Pour chacun des 80 000 mots : la phonétique, la formation : étymologie et datations, la définition pour chaque nuance de sens, le fonctionnement - attendu et inattendu - du mot dans la phrase (discours, exemples, citations), les renvois analogiques.

- Une véritable anthologie de la littérature française à travers plus de 250 000 citations extraites de textes d'auteurs, du Moyen Âge à nos jours, mais aussi tirées de magazines, de journaux ou empruntées à la radio, à la télévision ou à des dialogues de films. » (présentation de l’éditeur)

« Si on considère que le dictionnaire représente certains aspects et certains éclairages, je dirais, sur la langue, ce que nous avons cherché à faire dans le Petit Robert et dans le Grand Robert, mais en le développant beaucoup plus dans le Grand Robert, c'est une carte dans laquelle on aurait un peu l'histoire et en même temps l'usage actuel. Donc, essayer de séparer nettement ce qui dans le traitement d'un mot concerne son évolution dans le passé, son origine d'abord, l'étymologie, et son évolution dans le passé, de la description des emplois encore possibles en français. Et ces emplois sont de deux natures, les emplois qui sont actifs, c'est-à-dire la façon d'employer un verbe aujourd'hui, et les emplois qui sont passifs, c'est-à-dire la manière de comprendre un mot ou une expression ou un verbe qui peut se trouver dans une pièce de Molière puisque on entend du Molière à a télévision, et puisque on lit en livres de poche des grands romanciers du dix-neuvième siècle et même du dix-huitième siècle, parfois.

Donc, si vous voulez, il y a trois aspects des choses. Il y a l'histoire qui apporte des connaissances sur des usages vraiment disparus, ceux qui apportent des connaissances sur des usages encore connus passivement par la consommation de la littérature ou de textes anciens ou par exemple par les historiens des sciences pour les concepts anciens, et puis, le plus important, c'est évidemment l'usage possible aujourd'hui activement de tous les mots français. Mais alors en dépassant un peu la langue quotidienne pour essayer de décrire aussi bien les langues de spécialités, techniques, scientifiques, juridiques, etc. (…)


En fait, un dictionnaire comme celui-là, pour sa mise à jour de cette année, représente le travail de trois ou quatre ans pour une dizaine de personnes. Mais derrière ça, il y a quarante ans de travail pour des équipes de 40-50 personnes parce qu'il y a beaucoup de contributeurs extérieurs qui ont pu traiter un vocabulaire de spécialité ou une chose comme ça. Et puis c'est un travail continu parce que il y a une partie du travail de mise à jour du Petit Robert qui a été utilisée pour la rédaction du nouveau Grand Robert, bien entendu, parce qu'on ne va pas laisser perdre... ni l'information, ni la manière dont ça a été traité par des rédacteurs ou des rédactrices qui sont souvent les mêmes. » (Alain Rey, extrait du webzine La Guingette)

« Pour l’équipe du Robert, aucun mot n’est inutile ou médiocre. Tous sont égaux devant la langue. Le français appartient à ceux qui le parlent et l’inventent. L’évolution d’un mot ou de son sens n’est jamais une détérioration ou un attentat contre l’introuvable "pureté" du français, "ce créole du latin", comme s’amuse à le rappeler Alain Rey. Une langue se crée le plus souvent à travers des constructions au départ fautives. Un dictionnaire et ses rédacteurs se doivent d’être généreux. Un bon lexicographe est par passion obsessionnel. Il lui faut à tout moment sortir ses antennes afin de capter et capturer les mots au vol, de traquer les locutions ou expressions inédites.Le mot "dictionnaire" vient du latin "dictio". C’est le livre des dictions et des "manières de dire". Un dico comme le Grand Robert n’est pas un tribunal de la langue où des juges-lexicographes décideraient au nom d’une loi absente si un vocable mérite d’y figurer. Il est encore moins un palmarès.

Josette Rey-Debove, experte dans la description fonctionnelle des mots alors que son mari Alain est le virtuose-artiste de l’étymologie, est formelle : "Le dictionnaire de langue est le témoin d’une société à un moment donné. Personne ne peut intervenir pour changer cette description, car l’usage c’est vous, c’est moi, c’est nous. Et c’est cet usage qui construit les règles de demain." Un mot n’existe qu’à partir du moment où son usage est fréquent, qu’il y a des attestations écrites, dans la presse ou dans les livres, et qu’il n’est pas uniquement réservé à un milieu, jargon ou métier particuliers.Les seules lois qui régissent Alain Rey et les siens sont celles de l’hospitalité. Un dictionnaire doit être avant tout accueillant. Il accueille d’un même élan mots, rédacteurs et lecteurs. Danièle Morvan est assez fière d’avoir été la première à inviter "Schtroumpfette" au sens familier de jeune fille et "homoparentalité". » (extrait d'un article de Gilles Anquetil, Le Nouvel Observateur, 2002)

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