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La grande désillusion

par Joseph E. Stiglitz

( Livre )
Livre de poche (Le)
Langue d'origine : anglais (États-Unis)
Traduit par Paul Chemla
2003, 407 p., 6.5 euros
Première édition : Fayard - 2002
ISBN : 2253155381

« Aujourd'hui, la mondialisation, ça ne marche pas. Ça ne marche pas pour les pauvres du monde. Ça ne marche pas pour l'environnement. Ça ne marche pas pour la stabilité de l'économie mondiale. » L'auteur de ces lignes ? Le professeur Joseph Stiglitz, prix Nobel d'économie, ancien conseiller de Bill Clinton, qui en novembre 1999 a démissionné de son poste d'économiste en chef et de vice-président de la Banque mondiale : « Plutôt que d'être muselé, j'ai préféré partir », expliquera-t-il. Son livre est un constat qui vaut réquisitoire : preuves à l'appui, il démontre que les règles du jeu économique mondial ne sont souvent fixées qu'en fonction des intérêts des pays industrialisés avancés - et de certains intérêts privés en leur sein -, et non de ceux du monde en développement. Politique d'austérité, libéralisation des marchés des capitaux et privatisations sont appliquées aveuglément, en dépit de leur échec avéré, à tous les pays, en particulier aux pays en transition et du Sud. À lire Joseph Stiglitz, on a le sentiment de comprendre les vrais enjeux du monde d'aujourd'hui, de saisir toute l'urgence d'une réforme en profondeur du statut et des politiques préconisées par les institutions financières internationales.

« Son constat est sévère. "Quand j'étais à la Banque mondiale, j'ai directement constaté l'impact dévastateur que la mondialisation peut avoir sur les pays en développement et d'abord sur leurs populations pauvres", écrit-il en préambule. Persuadé que la mondialisation peut être une force bénéfique, potentiellement capable d'enrichir chaque habitant de la planète, il estime cependant indispensable que "la façon dont on l'a gérée soit radicalement revue". À preuve, les désastres consécutifs à la « thérapie de choc » appliquée dans l'ex-URSS et, au contraire, les succès de "l'approche graduelle" qui est celle de la Chine depuis deux décennies et qu'il soutient.

Plus radical, l'auteur se dit aussi très choqué par "l'hypocrisie" des institutions - le FMI et le département du Trésor américain - qui réclamaient fermement la transparence en Asie, au plus fort de la crise, "alors qu'elles comptaient elles-mêmes parmi les moins transparentes que j'ai jamais connues dans la vie publique".

Le propos de Joseph E. Stiglitz ne se limite pas à un long réquisitoire contre les dysfonctionnements de la mondialisation et, notamment, des injustices du système commercial mondial, des politiques qui rendent les riches encore plus riches et les pauvres encore plus pauvres. Il préconise aussi une politique et une philosophie économiques « qui envisageraient l'Etat et le marché dans un rapport de complémentarité, de partenariat et qui admettraient que, si les marchés sont au centre de l'économie, l'Etat a aussi un rôle à jouer, limité mais important », notamment vis-à-vis du chômage, des inégalités, de la pollution... "Réinventer l'Etat» était le message qu'il avait réussi à faire passer auprès de Bill Clinton. Sur ce chapitre, son séjour à la Banque mondiale lui a valu moins de succès. D'où, là aussi, sa « grande désillusion". » (extrait d'un article de Serge Marti, Le Monde, 9 avril 2002)

Ce livre est paru en français chez Fayard en avril 2002, avant l’édition originale en anglais, sortie chez W.W. Norton en juin 2002 sous le titre Globalization and Its Discontents. Il a été ensuite traduit en une trentaine de langues.


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