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El Guanaco

par Francisco Coloane

( Livre )
Points
Collection Littérature
Langue d'origine : espagnol (Chili)
Traduit par François Gaudry
octobre 1997, 192 p., N°426, 5.95 euros
Première édition : Phébus - septembre 1995
ISBN : 2020299119

El Guanaco, c'est le nom espagnol du le lama blanc, symbole de liberté pour les Indiens. Cette chronique australe évoque la disparition des indiens Onas, dans l'extrême sud du Chili, à travers le personnage de Men Nar violée par trois Européens.

« El Guanaco, qui tire son titre du premier récit, où les hommes blancs qui violent Men Nar, la dernière Indienne Ona, exterminent aussi le guanaco, le lama sauvage, symbole de liberté pour les Indiens. Suivent des histoires de sang, de bagnards d’Ushuaia, de chercheurs d’or, vécues par l’auteur au fin fond du monde. Nul souci de style ni de syntaxe, une prose simple, directe comme l’impitoyable eskilstuna, ce couteau suédois qu’utilisent ses personnages pour économiser leurs munitions. » (extrait d'un article de Ramon Chao, Le Monde, 11 octobre 1995).

« Au commencement était donc le guanaco, le lama sauvage, difficile à approcher, symbole de liberté sans entraves respecté par les Indiens Ona du Grand Sud chilien. Et puis sont venus les hommes blancs. Ils ont déroulé des kilomètres de fil de fer barbelé à travers le campo, ont laissé parler leurs fusils et se sont livrés à de tranquilles carnages de gibier (et d'Indiens) - avant de s'étriper les uns les autres pour la possession de quelques arpents où, dit-on, fleurissait l'or. Envolé le rêve d'or, ils sont restés sur place et ont fait d'honorables éleveurs. Avec eux le guanaco blanc (le mouton) a conquis ces immensités désolées où la vie est aussi dure pour les bêtes à laine que pour leurs gardiens. Et le mot qui servait d'emblème à la vie sauvage a fini par désigner la triste brebis, victime résignée du rêve des hommes. Sur ce thème récurrent - le drôle d'usage que l'homme s'ingénie à faire du monde -, Coloane burine une série d'eaux-fortes qu'il insère dans la trame romanesque qu'il s'est donnée : l'histoire de Men Nar - la dernière Indienne Ona, violée par trois blancs - et de sa fille. Ainsi sommes-nous conviés à suivre dans ce bout du monde oublié du ciel ceux qui là-bas font l'histoire : proscrits, bagnards, anarchistes, missionnaires, estancieros, tueurs d'Indiens. » (extrait de la présentation des éditions Phébus).

« Coloane est avant tout un conteur et il a voulu dans ce livre—qui est un chant plus qu’un roman—décliner, un peu à la manière d’un griot, les mythes et les légendes de la Terre de Feu d’où cette impression chaotique d’un récit secoué d’embardées brutales, qui serpente, se perd, réapparaît, charriant personnages, chroniques, événements, dieux, animaux et assassins. C’est peut-être le plus beau livre de Coloane, le plus déconcertant aussi, mais en tout cas celui dont il dit : " Il fallait que je l’écrive ". Il l'a écrit lors d’un séjour en Inde. » (extrait d'un entretien avec François Gaudry, le traducteur des œuvres de Coloane).

La maison de Riera le Pelé, dans le Grand Sud chilien, accueillent gens de mer et de terre, chasseurs de phoques ou de baleines, chercheurs d'or, gardiens de troupeaux. Un jour, Esther, la femme du Pelé, trébuche sur le corps d'une jeune Indienne, allongée au pied de la meule. À travers l'histoire de Men Nar, « Ombre de sang », et celle de sa fille, l'auteur de Tierra del Fuego et de Cap Horn convoque les Indiens Ona, peuple dont le sort est indissociablement lié à celui du guanaco, le lama sauvage. Il raconte la dignité, la grandeur de ces hommes qui, avant que les « massacres barbares » ne commencent, arpentaient aussi librement les territoires de la chasse que ceux de la légende.

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