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Homme de neige (L')

par David Albahari

( Livre )
Gallimard
Collection Du monde entier
Langue d'origine : serbo-croate
Traduit par Gojko Lukic et Gabriel Iaculli
2004, 113 p., 13 euros

ISBN : 2070749371

Le narrateur de L'homme de neige a une idée fixe : boire du jus d'orange. Venu de l'ex-Yougoslavie, il est invité comme écrivain en résidence dans une université nord-américaine. Mais sa nouvelle vie, confortable et bien réglée, dont il note minutieusement les moindres détails, ne fait tout simplement pas sens pour lui. Ses quelques cours et conférences, ses obligations sociales et ses conversations avec les professeurs et étudiants, tout est envahi par un sentiment d'échec et d'ennui - sentiment auquel il échappe seulement grâce à l'idée de boire du jus d'orange. Puis, cet équilibre fragile se fissure.

Le narrateur a de plus en plus l'impression de flotter, voire de se désagréger. La découverte d'une armoire fermée à clef au sous-sol tourne vite à l'obsession, et lorsqu'il cède à la tentation de l'ouvrir pour y trouver des cartes et des plans de toute sorte, il ne peut s'empêcher de les placarder sur les murs de son appartement en pleine nuit. Entouré ainsi de cartes qui illustrent les déchirures de l'Histoire et la fragilité des identités et des frontières, il sent les choses se brouiller de plus en plus autour de lui. Jusqu'à ce que les premières neiges tombent sur la ville...

« Ce troisième roman de David Albahari traduit en français porte en effet la profonde empreinte des guerres yougoslaves. "J’étais venu ici parce que j’avais cessé de durer", laisse tomber l’exilé, bientôt affecté d’une balkanisation intime qui le fait ressembler, selon ses propres termes, "à une suite de scènes maladroitement assemblées par un monteur inexpérimenté, comme si ma vie se disloquait en même temps que l’histoire de mon pays, de mon ex-pays, ai-je dû ajouter". Ce ferment de dissolution s’insinue jusqu’au coeur même de l’écriture : "Ce n’était pas une phrase, rien qu’une suite de mots sans lien", si bien que les pages du livre en viennent bientôt à évoquer un champ de neige où le texte effacerait ses propres traces à mesure qu’elles apparaissent. » (extrait d'un article de L’Humanité, 22 janvier 2004)

« Un texte dense, sourdement ironique, qui fustige l'enseignement universitaire et la suffisance de certains professeurs. Comme souvent dans son œuvre, l'autobiographie joue avec la fiction tout au long d'un paragraphe unique qui parcourt le roman sans aller à la ligne. Son narrateur recense un par un et ressasse à la manière de Thomas Bernhard - sa référence préférée avec Danilo Kis - les détails qui matérialisent son passage de la vieille Europe au Nouveau Monde. » (extrait d'un article de Lili Braniste, Lire, mai 2004)

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