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Hummocks

par Jean Malaurie

( Livre )
Plon
Collection Terre Humaine
1999, 76.23 euros

Co-éditeur : Omnibus - ISBN : 2259191916

Les deux tomes des Mémoires du grand explorateur sont également parues en collection de poche : le tome 1 et le tome 2 chez Pocket (la photo de couverture présentée ci-contre correspond à l'édition de poche).

« Hummocks, ces pulsions de glace déchiquetées sur la banquise sont, pour Jean Malaurie, les émergences de sa mémoire. Ce journal d’expéditions est d’abord une réflexion qui a cheminé de la pierre à l’homme. Voici un grand livre d’exploration. Il nous fait vivre, au pôle mythique, la philosophie de la nature, panthéiste, du peuple inuit. Le premier tome de cette fresque circumpolaire suit l’itinéraire singulier de Malaurie depuis son initiation à l’Arctique comme géographe de Paul-Emile Victor, au Groenland central. Parti seul en 1950-1951, sous l’égide du CNRS, il dirige à 28 ans la " Première expédition géomorphologique et ethnographique française au nord du Groenland ". Premier Européen à avoir atteint, avec l’Esquimau Kutsikitsoq, le pôle géomagnétique nord, il partage au cours de ses nombreux retours parmi ces hommes légendaires, dans l’intimité de son combat quotidien, la vie du peuple le plus septentrional du monde. Un livre célèbre, Les Derniers Rois de Thulé, traduit en 23 langues, révèle le choc civilisationnel qui a précipité les Esquimaux polaires de la préhistoire à l’âge monétaire et nucléaire. À partir des années soixante, l’auteur poursuit résolument, méthodiquement, un vaste programme scientifique d’Est en Ouest, du Groenland à la Sibérie, au cours de nombreuses missions solitaires avec les chasseurs d’ours, sur les pistes périlleuses et souvent tragiques des expéditions qui l’ont précédé dans les secteurs les plus isolés de l’Arctique central (Canada). » (présentation de l’éditeur)


« Il est vrai, l'explorateur en a fini des grandes traversées. Le temps est loin où il ressemblait au Kerouac de la grande époque, griffonnant des carnets après une longue journée de traîneau. À l'heure où nous traçons ces modestes lignes, le vent continue de siffler là-haut, vers les lointains sibériens de l' "Allée des Baleines"; nul doute que les chiens ne continuent d'invoquer l'esprit des morts à la nuit tombante. Malaurie l'Européen, l'ami des rois de Thulé, est rentré à la maison. Le temps est venu de la mémoire ; il a édifié son cairn, son hummock de papier où passent cinquante années d'aventure et l'ombre honorée des prédécesseurs, les pionniers de l'Arctique qui n'en revinrent jamais et dont il relit amoureusement les vieux récits. Il cite encore le merveilleux Supervielle : les "souvenirs nous touchent de loin, comme des balles perdues". C'est bien le moins qu'on puisse dire, au bout d'un tel voyage : touché. » (extrait d’un article de Michel Crépu, L’Express, 30 septembre 1999)

« En même temps que le jeune explorateur nous raconte son expérience, ses chasses, sa découverte du blizzard, de la tempête, de l'isolement dans un iglou, de son voyage en traîneau à chiens du Groenland au Canada, il donne la parole aux Esquimaux. A Poualana, le vieux "qui végète et qui s'use", seul dans son iglou, mais qui a été le partenaire des expéditions de la fin du XIXe siècle. Il a accompagné Cook. Son frère Outak a été le compagnon favori de l'Américain Peary. "Pôle Nord ou non, dit Poualana à propos de Cook, c'est l'affaire de Blancs."

Tel autre Esquimau parle de l'explorateur danois Knud Rasmussen. Grâce à ces témoignages et à ces récits qui s'ouvrent dans le récit de Malaurie, c'est l'histoire de la découverte des Esquimaux par les Blancs qui est racontée. Et la richesse du livre vient de cette multiplicité des voix qui s'y croisent. Koutsikitsoq, l'ami de Malaurie, montre une zone zébrée de crevasses, et raconte : "Tu vois, là-bas, un Esquimau est tombé dans un énorme trou. Il y est resté dix pleins jours sans manger, si ce n'est ses poux." Poualana explique : "On connaît un sorcier qui. ayant fait d'une falaise une chute mortelle, a vu ses restes mangés par un chien. Alors même que ce chien l'avait mangé, il revenait à la vie et se présentait au village, accompagné de l'animal, dont la bouche était encore pleine de sang." » (extrait d’un article de Max Gallo, L’Express)

Dans BiblioMonde

Les Derniers Rois de Thulé

Ultima Thulé : Les Inuit nord-groënlandais face aux conquérants du Pôle (1818-1999) par Jean Malaurie

L'Appel du nord : Quelque 300 photographies prises entre 1949 et 1990 par Jean Malaurie

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