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Illustre maison de Ramirès (L')

par José Maria Eça de Queiroz

( Livre )
La Différence
Collection Littérature étrangère
Langue d'origine : portugais
Traduit par Marie-Hélène Piwnik
1999, 512 p., 23 euros

ISBN : 272911260X

« L'Illustre Maison de Ramires est l'avant-dernier roman d'Eça de Queiroz. Écrit en 1894, publié en 1900, l'année de la mort de l'auteur, il offre un portrait sans concession du Portugal de la seconde moitié du XIXe siècle que caractérisent une classe politique corrompue, une administration vénale, une oligarchie sans scrupules. À travers son héros Gonçalo Mendes Ramires, petit seigneur de province, dernier d'une lignée de guerriers qui remonte au premier roi du Portugal, il décrit la décadence d'une aristocratie censée représenter une chance de régénération pour la nation : Gonçalo manque à la parole donnée, compromet sa sœur avec le préfet dont il recherche l'appui, est la proie d'une invincible couardise. La vie de ses ancêtres qu'il a entrepris de rédiger dans un roman historique à la manière de Walter Scott, où sont évoqués dans le bruit et la fureur les hauts faits et les vertus d'un aïeul médiéval, offre un contraste saisissant avec son existence pleine de compromissions. Ce roman dans le roman, où le vérisme le dispute à la parodie - qui est celle des écrivains hagiographes -, donne tout son relief à la satire sociale mordante et drôle qui occupe l'essentiel du livre.
... Mais soudain, élu député, Gonçalo rejette la politicaillerie de la capitale et part tenter fortune en Afrique... » (présentation de l’éditeur)

« Publié l’année de la mort de son auteur, A Ilustre Casa de Ramires fait le récit de la vie d’un aristocrate d’une lignée antérieure à la nationalité, auteur d’une nouvelle historique sur ses ancêtres du XIIIe siècle qui s’insère dans le récit du roman. Personnage riche en contradictions, légèreté, lâchetés, actes de bravoure et de générosité, le manque d’argent l’amène à devenir député, après une série d’épisodes qui nous donnent l’image du Portugal politique d’alors. Encore insatisfait, Gonçalo Mendes Ramires décide de partir en Afrique. Là, il s’enrichit dans des entreprises agricoles qu’il n’a pas su développer dans son propre pays. La circonstance d’Eça ne pas avoir revu les derniers chapitres de cette oeuvre rendent d’une certaine façon aléatoires quelques conclusions tirées sur son dénouement. Si la vie de Gonçalo Mendes Ramires dénonce la décadence de la classe aristocratique portugaise du XIXème siècle il semble que l’idée que de ses vertues traditionnelles il reste encore quelque chose à espérer devient nette. On peut déceler en Gonçalo des traits et des problèmes de son créateur, ce qui arrive aussi d’ailleurs avec des personnages tels que Teodoro, Raposão, Carlos da Maia, João da Ega, Artur et Carlos Fradique Mendes. Nous dirons même qu’un des traits les plus particuliers d’Eça de Queirós en tant que romancier est la façon comment il se déguise fréquemment derrière ses personnages faisant ainsi d’impitoyables caricatures de lui-même. On pourra attribuer, d’un autre côté, une fonction cathartique à la représentation de personnages possédant beaucoup d’argent tels que Teodoro, Carlos da Maia, Fradique et Jacinto compensant les tribulations constantes provoquées par des dettes que leur créateur a toujours connues. » (extrait d’un article d’A. Campos Matos, Institut Camões, avril 2000)

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