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L'Insoutenable légèreté de l'être

par Milan Kundera

( Livre )
Gallimard
Collection Folio
Langue d'origine : tchèque
Traduit par François Kérel (1984), révisée par l'auteur (1989)
1989, 476 p., 9.4 euros

ISBN : 207038165X

« L'insoutenable légèreté de l'être est prouvée par les histoires de Tomas et Tereza (chirurgien tchèque, véritable don Juan, qui épouse cette serveuse torturée par la jalousie, et qui, ayant émigré à Zürich en 1968, revient pour elle à Prague, se contentant de son état de laveur de vitres puis de leur vie à la campagne), de Sabina (une des maîtresses de Tomas qui, peintre, vit après 1968 dans le monde libre), de Franz (un des amants de Sabina, professeur genevois rompant avec sa femme et se laissant entraîner par l'idéal kitsch de la gauche). » (André Durand, Le Comptoir littéraire)

Tomas et Teresa sont les deux pôles du roman. Faut-il choisir de porter le poids du passé sur ses épaules, comme Teresa qui ne peut se passer de la Tchécoslovaquie, qu'elle a pourtant fuie après le Printemps de Prague, de même qu'elle ne peut vivre sans Tomas, ce mari qu'elle chérit d'un amour jaloux et, par-là, à jamais insatisfait ? Ou bien faut-il préférer à cette pesanteur la légèreté de l'être qui caractérise Tomas ?

Plus que les autres romans de Kundera, celui-ci est un roman d'amour. Tereza est jalouse. Sa jalousie, domptée le jour, se réveille la nuit, déguisée en rêves qui sont en fait des poèmes sur la mort. Sur son long chemin, la jeune femme est accompagnée de son mari, Tomas, mi-don Juan, mi-Tristan, déchiré entre son amour pour elle et ses tentations libertines insurmontables.
Le destin de Sabina, une des maîtresses de Tomas, étend le tissu du roman au monde entier. Intelligente, asentimentale, elle quitte Franz, son grand amour genevois, et court après sa liberté, d'Europe en Amérique, pour ne trouver à la fin que « l'insoutenable légèreté de l'être ». En effet, quelle qualité - de la gravité ou de la légèreté - correspond le mieux à la condition humaine ? Et où s'arrête le sérieux pour céder la place au frivole, et réciproquement ? Avec son art du paradoxe, Kundera pose ces questions à travers un texte composé à partir de quelques données simples mais qui s'enrichissent constamment de nouvelles nuances, dans un jeu de variations où s'unissent récit, rêve et réflexion, prose et poésie, histoire récente et ancienne. Jamais, peut-être, chez Kundera, la gravité et la désinvolture n'ont été unies comme dans ce texte. La mort elle- même a ici un visage double : celui d'une douce tristesse onirique et celui d'une cruelle farce noire. Car ce roman est aussi une méditation sur la mort : celle des individus mais, en outre, celle, possible, de notre vieille Europe.

Préface de François Ricard

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