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Invités de la terre : Arménie, Karabagh (1988-1992)

par Myriam Gaume

( Livre )
Le Seuil
1993, 240 p., 20.57 euros

Collection : L'épreuve des faits - ISBN : 2020133849

Les « invités de la Terre », ce sont les Arméniens. Ils se désignent eux-mêmes ainsi : la terre leur est prêtée, la terre leur est reprise. Et ils luttent pour ne pas être, ne plus être des hôtes de passage. Myriam Gaume, journaliste indépendante, est née en France de parents arméniens. Quand, en 1988, une poignée d'hommes, à Erevan, ont commencé à défier le pouvoir central, le pouvoir - encore - soviétique, elle est partie là-bas connaître et observer ceux qu'elle ne savait pas clairement être les siens. Enquêtrice minutieuse et chroniqueuse inspirée, elle a, quatre années durant, suivi pas à pas ses « personnages » : intellectuels, ouvriers, paysans, artisans, conteurs, enfants et vieillards. Les uns sont devenus ministres, d'autres ont péri lors du tremblement de terre qui a dévasté la région, d'autres encore font le coup de feu contre les Azéris du Haut-Karabagh. C'est l'Arménie d'après le communisme qu'on voit ici naître. Une saga parfois épique, parfois dérisoire, où s'entremêlent le courage et la peur, la fantaisie et l'horreur, la beauté et le sacrifice. Arménien ou non, lisez ces pages. Il y passe le souffle de la liberté.

« Un livre-témoignage unique sur ces hommes qui ont pris les armes dans le Haut-Karabakh — le paysan du cru, le physicien venu d'Erevan ou le fils de la diaspora, comme Avo, rencontré la première fois dans sa prison française en 1989. Myriam Gaume raconte comment les "Karabakhtsy" adoptent leur compatriote venu d'une autre planète, appréciant sa science des armes, ses rires tonitruants et, finalement, sa volonté de mettre un peu d'ordre et de discipline dans leurs opérations.

Autre qualité de Monte Melkonian : sa franchise, comme en témoigne aussi un entretien accordé peu avant sa mort : "Avo" y explique que si, sur son front du moins, "90 % des armes lourdes ont été prises à l'ennemi", "les armes légères et tout le carburant" viennent d'Arménie, comme sont venues d'Arménie des troupes ayant participé à la prise de Kelbadjar. Après celle-ci, dit-il, "la discipline a été maintenue une semaine, mais ensuite, il y a eu des pillages et des incendies. C'est absolument condamnable, mais dans ce genre de situation, il est très difficile de contrôler tout le monde."

Ce membre du comité de défense local _ qui travaille en coordination étroite avec le gouvernement "modéré" d'Erevan _ affirme sans détour que la solution au Karabakh "ne peut être que militaire" et qu'à son avis, "il faut revenir aux frontières historiques de l'Artsakh ... dotées de frontières naturelles". » (extrait d'un article de Sophie Shihab, Le Monde 3 Juillet 1993)


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