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Istanbul, souvenirs d'une ville

par Orhan Pamuk

( Livre )
Gallimard
Collection Du monde entier
Langue d'origine : turc
Traduit par Savas Demirel, Valérie Gay-Aksoy et Jean-François Pérouse
2007, 445 p., 22 euros

ISBN : 978-2070776276

Évocation d'une ville, roman de formation et réflexion sur la mélancolie, Istanbul est tout cela à la fois.

L'édition de poche

Au fil des pages, Orhan Pamuk se remémore ses promenades d'enfant, à pied, en voiture ou en bateau, et nous entraîne à travers ruelles en pente et jardins, sur les rives du Bosphore, devant des villas décrépies, dessinant ainsi le portrait fascinant d'une métropole en déclin. Ancienne capitale d'un vaste empire, Istanbul se cherche une identité, entre tradition et modernité, religion et laïcité, et les changements qui altèrent son visage n'échappent pas au regard de l'écrivain, fin connaisseur de son histoire, d'autant que ces transformations accompagnent une autre déchirure, bien plus intime et douloureuse, provoquée par la lente désagrégation de la famille Pamuk - une famille dont les membres, grands-parents, oncles et tantes, ont tous vécu dans le même immeuble - et par la dérive à la fois financière et affective de ses parents.

Dans cette œuvre foisonnante, magistralement composée et richement illustrée, Orhan Pamuk nous propose de remonter avec lui le temps de son éducation sentimentale et, in fine, de lire le roman de la naissance d'un écrivain.

« Pamuk y avait rêvé d'être peintre. Sa mère lui avait rétorqué : "Tu ne feras que vivoter, tu seras dédaigné, méprisé, et tu passeras toute ta vie à subir ces complexes, ce mal-être et ces vexations." La conscience coupable mais révoltée, le jeune Orhan part déambuler dans les rues d'Istanbul. "Je suis un mort, écrit-il, un cadavre qui respire encore."

Fort de sa crasse, de sa défaite, de ses yeux mélancoliques qui ne savent voir la ville qu'en noir et blanc, il marche dans cet Istanbul qui, seul, le console. Car, au fond, le hüzün, remarque Pamuk, est "un point de vue sur la vie", un sentiment qui la célèbre autant qu'il la nie. Mot coranique aux racines arabes, il signifie une angoisse spirituelle, une "tristitia" de l'âme qui précède l'élévation. Pour Pamuk, c'est paradoxalement la difficulté à ressentir le hüzün qui suscite son existence. Et, au fil des pages, c'est "le hüzün de toute une ville, d'Istanbul", dont il essaie de parler. » (extrait d’un article de Lila Azam Zanganeh, Le Monde, 22 juin 2007)

Traduit du turc par Jean-François Pérouse, Savas Demirel et Valérie Gay-Aksoy


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