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Jardins de Marrakech

par Mohammed El Faïz

( Livre )
Actes Sud
juin 2000, 44.21 euros

ISBN : 2742727256

Ballade dans quelques uns des plus beaux jardins du Maroc

« Nous manquons sérieusement d'une histoire générale et analytique du jardin au Maroc, et celle, consacrée aux jardins de Marrakech, de Mohamed El Faïz en est un très bon début, qui, lui-même, s'interroge sur la totale vacuité de ce domaine de recherche dans notre patrimoine, un des plus beaux qu'il soit, "L'entreprise est-elle si difficile ? écrit-il, ou estime-t-on que les jardins sont créés pour le plaisir des yeux et ne peuvent être des sujets de l'Histoire ?"
Mais bientôt, l'intérêt croissant pour tout ce qui peut atténuer les méfaits de la pollution dans nos villes, et le besoin quotidien de se ressourcer dans la beauté naturelle, obligeront nos décideurs à consacrer à nos jardins historiques tout l'intérêt qu'ils méritent. Et ce livre peut être pour eux la bonne porte à toute la revalorisation de cette richesse de ce patrimoine écologique.
D'abord le nom en arabe Bustân, qui est d'origine persane, est composé de deux mots bû (odeur), et stân (lieu). Il est donc très loin de la géographie, et surtout de l'Histoire, parce que les Perses avaient tout pris des anciennes civilisations de Sumer et de Babylone, et surtout l'art du jardin d'où nous vient cette création d'espaces dédiés à la célébration des beautés de la nature. Les Arabes, issus de l'aridité de leur milieu, ont voué, depuis leur domination de la Mésopotamie, un culte quasi-religieux aux jardins. Et partout où leur règne a été établi, les jardins parsemaient leurs villes, Baghdad d'abord et jusqu'à Marrakech, Cordoue et Séville ensuite.
Au Maroc, c'est depuis le règne de l'Almohade Abd Al-Mumin (1130-1163) que le modèle des jardins pourvus d'immenses pièces d'eau a été institué, et sur toute la longueur de sa domination des jardins de ce type ont été parsemés, et ont fait jusqu'à nos jours la fierté des villes comme Rabat et Séville.
Un autre mot Agdâl, bien de chez nous, car berbère, veut dire un espace réservé sur les rives d'un oued, et toute la signification de la présence simultanée de l'eau en quantité et des plantations est ainsi éclairée. Nos jardins, alors, seraient en définitive une jonction heureuse entre le bustân persan et l'Agdal berbère, et c'est ce qui fait leur originalité et leur suprême beauté.
Jnân, mot arabe dérivé de Janna (Paradis), est un jardin aux arbres fruitiers, plus fréquent autour des villes, et aussi à la campagne.
Le riyâd, à l'origine, voulait dire un jardin privé et irrigué, protégeant par de hauts · murs, des regards indiscrets, les belles citadines qui s'y rendent pour se rafraîchir en toute liberté; il peut être mitoyen de l'habitation ou carrément en son milieu. Aujourd'hui devenu à la mode, il est recherché par tous les nantis du monde qui y viennent retrouver l'ancienne sérénité qui l'habite encore. » (extrait d'un article d'Azzouz Tnifass, Le Temps du Maroc, 1er juin 2001).

Dans BiblioMonde

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