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Jean, Taos et Fadhma Amrouche

par Beïda Chikhi (direction de l'ouvrage)

( Livre )
Harmattan (L')
1998, 187 p., 14.5 euros

Collection : Études littéraires maghrébines - ISBN : 2738464564


Relais de la voix, chaîne de l'écriture

L'œuvre des Amrouche, Jean, Taos et Fadhma, exemplaire au titre de la tradition orale comme de la création littéraire, se nourrit de l'histoire algérienne et y contribue. Générée dans le multiple des langues et des croyances, elle a créé les modalités et les signes de ce que pourrait être, aujourd'hui comme hier en Algérie, une activité efficiente de la mémoire redoublant la création littéraire. Paradoxalement, et l'œuvre de ce trio familial en témoigne dans sa diversité, c'est la privation, l'humiliation et l'exil qui soufflent aux créateurs cette mémoire, incertaine mais puissante, qui donne nt forme à leur poésie orale ou écrite, structurent leurs pensées et leurs récits, animent leurs échanges avec les autres.

« Tout semble séparer les frère et sœur Jean et Taos Amrouche. Si l’un est identifié au roi numide Jugurtha, Taos est assimilée par sa fille à Sophonisbe. “Celle qui résiste, qui exprime jusqu’au bout l’obstination et qui ne veut pas faire de concession. Jean était né en 1906 et Taos en 1913. C’était son grand frère, et pendant longtemps, ils se sont suivis de près. Mais, malgré ces bases assez semblables, malgré le fait qu'ils aient travaillé ensemble et fussent imprégnés tous deux des chants berbères de Kabylie et de l’héritage maternel, c'étaient deux êtres assez fondamentalement différents”. Ce constat laisse un peu perplexe, car nous savons, mais sans doute pas aussi bien que la fille de Taos qui écrivait ces mots, que Jean et sa sœur se ressemblaient par leur obstination d’exister, d’écrire et de faire perpétuer les traditions de leur pays. Élevés tous les deux dans une double culture, ils étaient imprégnés tous deux aussi des chants berbères de Kabylie et de l’héritage maternel. Jean s’adonna plutôt à la poésie dans deux essentiels recueils Cendres et Étoiles secrètes, parus en 1934 et 1937. Mais il fut aussi l’auteur de plusieurs essais et de textes littéraires. Taos publia pour sa part quatre romans, donc un genre différent, Jacinthe noire, en 1947, Rue des Tambourins, Solitude ma mère et L’Amant imaginaire, mais aussi un recueil de conte Grains magiques, édité chez Maspéro. Elle préserva aussi de l’oubli quelques chants kabyles admirablement interprétés. Or, dans la mort, ces deux figures contrastantes, qui sont restées fâchées dix ans et ont fini par se réconcilier en 1958, sont parties un jour de printemps, choisissant le même mois, celui d’un avril chargé d’effluves printaniers pour s’éteindre. Jean est mort en 1962, un 16 avril et Taos, le 2 avril 1976. » (extrait d’un article de Nacéra Belloula, La Liberté, 4 avril 2002)

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