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Le jeu de l’oubli

par Mohammed Berrada

( Livre )
L'Arganier
Langue d'origine : arabe (Maroc)
Traduit par Abdellatif Ghouirgate et Yves Gonzalez-Quijano
2006, 240 p., 11.5 euros
Première édition : Eddif - 1987
Collection : Rives Sud - ISBN : 2912728401

Récit d’un intellectuel sur sa vie, de l’enfance à l’âge adulte. L’accent est mis sur la relation avec la mère et la réflexion sur le parcours militant de sa génération. Un récit qui nous conduit de la médina de Fès à Rabat dans les premières années de l’indépendance du Maroc.

« Ce roman publié pour la première fois en 1987, est l'un des jalons véritables de la littérature moderne au Maroc. S'il évoque d'abord une enfance perdue dans les ruelles de la médina de Fès, c'est pour mieux décrire les élans et le parcours d'un intellectuel dans la période chaotique de l'Indépendance, pour faire plus de place à ces portraits de femmes qui sont autant de marches vers une universalité que peu de livres tutoient. Ce roman ressemble à ces grandes et vieilles et bruissantes
demeures de la médina de Fès. Les mémoires s'y rencontrent, s'y croisent et s'y dilatent. (...) C'est le portrait d'une société en mutation mais qui reste, comme Hadi, l'enfant, attachée à ses origines, ses racines et ses illusions. » (extrait d'un article de Tahar ben Jelloun, Le Monde)

En quel lieu de sa vie se tenir entre un Maroc reçu en héritage et un Maroc en train de naître, entre la mosaïque d’ombres et de lumières du vieux Fès au temps du protectorat et Rabat, capitale d’un État devenu indépendant, théâtre d’une vie nouvelle ?
Récit d’un apprentissage puis d’un retour sur soi, récit d’une accession à la fraternité la plus profonde, le Jeu de l’oubli est aussi le livre où se font écho toutes les métamorphoses d’une société. Croisant ici les modalités traditionnelles de la littérature arabe et les procédés de la narration occidentale, Mohamed Berrada livre les clefs des désarrois identitaires du Maroc contemporain, en même temps qu’il donne naissance à une forme romanesque originale — arabe et spécifiquement maghrébine.

« Dans Le Jeu de l’oubli, je me suis servi d’éléments autobiographique, mais j’ai également recouru à la fiction de façon à libérer l’écriture des contraintes de l énoncé d’une "vérité quelconque". En retournant en arrière pour m’inspirer de mon enfance passée à Fès dans les années quarante, la langue maternelle – la langue du parler quotidien, la langue d’usage pour communiquer d’un quartier à l’autre et d’une ruelle à l’autre de l’ancienne ville de Fès – est venue me surprendre, jaillissant à mon insu du fin fond de la mémoire et de l’inconscient pour s’imposer dans les dialogues et dans la description de certain lieux qui ne peut se passer en termes définis. Cette expérience avec la langue maternelle m’a ouvert les yeux sur le bien-fondé d’une pluralité linguistique au sein d’une "seule et même" langue et sur son rôle artistique et significatif dans la mise en valeur des dimensions du personnage romanesque et dans la saisie de ses trait distinctifs. » extrait d’un article de Mohamed Berrada, traduit par Catherine Charruau pour le Magazine littéraire, avril 1999)

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