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Le journal de Ma Yan

par

( Livre )
Livre de poche (Le)
Langue d'origine : chinois
Traduit par He Yanping
2005, 185 p., 4.5 euros
Première édition : Ramsay - 2004
Auteurs : Ma Yan et Pierre Haski - ISBN : 2013221606

La vie quotidienne d'une écolière chinoise

Ma Yan vit dans la province du Ningxia, dans le nord désertique de la Chine, une des régions les plus pauvres du pays, peuplée de musulmans appelés Hui. L'école est située à vingt kilomètres de son village, Zhang Jia Shu, un parcours qu'elle effectue tous les week-ends à pied, quatre à cinq heures de marche, pour retrouver ses parents. Son histoire, tristement banale, serait logiquement restée anonyme si un concours de circonstances n'avait pas changé radicalement le cours des choses.

Un jour de mai 2001, sa mère, Bai Juhua, lui annonce qu'elle n'ira plus à l'école, contrairement à ses deux petits frères, faute d'argent après cinq années de sécheresse. C'est la règle, les filles sont les premières victimes de la pauvreté. Mais Ma Yan proteste et écrit à sa mère une lettre pour la supplier de la laisser étudier. Bai Juhua est désespérée jusqu'à ce qu'elle apprenne le passage dans son village d'une petite expédition d'étrangers. Une lueur d'espoir dans ce désert montagneux où personne ne vient jamais. Alors qu'ils s'apprêtent à repartir, elle leur remet la lettre et les cahiers de Ma Yan comme on jette une bouteille à la mer. Elle ne pouvait pas mieux tomber.

Dans ce petit groupe, il y a Pierre Haski, le correspondant du journal Libération à Pékin, qui découvre, à son retour, dans les cahiers de Ma Yan "un cri du cœur aux allures de manifeste pour tous les enfants privés d'école, en Chine, mais aussi ailleurs dans le monde". Le journaliste décide d'abord de retourner à Zhang Jia Shu pour voir Ma Yan, puis de raconter son histoire à ses lecteurs. La publication de l'article était prévue pour le 12 septembre 2001. Actualité oblige, il ne paraîtra finalement qu'en janvier 2002 avec des extraits du journal de l'écolière. Il suscite aussitôt de nombreuses réactions de lecteurs prêts à venir en aide à la jeune Chinoise. » (extrait d’un article de Frédéric Koller, Le Temps 19 octobre 2002)

Dans son journal, Ma Yan raconte sa vie quotidienne, à l'école ou dans son village, pendant deux ans. Avec des mots simples, elle trace l'histoire d'une enfance éprouvante, la misère de sa famille, le sacrifice de sa mère qui se tue au travail pour que ses trois enfants connaissent un avenir différent. « Il n'est pas possible de décrire le sentiment d'avoir faim », écrit Ma Yan, dessinant le caractère « faim » deux fois plus gros que les autres. Pour acheter un stylo, elle s'est privée de pain pendant quinze jours. « Mes difficultés pour avoir ce stylo sont à l'image de toutes nos difficultés. Ma mère m'avait donné de l'argent pour que je puisse acheter du pain. Depuis des jours, je n'avais que du riz jaune à manger. J'ai préféré avoir faim et économiser, et j'ai pu acheter ce stylo. Pour ce cher stylo, combien j'ai souffert ! Mais ce stylo-là m'a donné un sentiment de force, il m'a fait comprendre ce qu'est une vie difficile, ou une vie heureuse. »

L'histoire de Ma Yan, relatée par Pierre Haski en janvier 2002 dans Libération, dont il est le correspondant à Pékin, a provoqué aussitôt des réactions de solidarité. La création d'une association a déjà permis à Ma Yan et à une trentaine d'autres enfants des villages voisins de reprendre le chemin de l'école. Le cri du cœur de Ma Yan a été entendu.

Dans BiblioMonde

Ma Yan qui voulait aller à l'école : un album pour les enfants, d'après le Journal de Ma Yan

Ma Yan et ses sœurs : la vie des filles en Chine

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