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Léon Blum

par Serge Berstein

( Livre )
Fayard
2006, 835 p., 30 euros

ISBN : 2213630429

La première grande biographie, exhaustive et nuancée, de celui qui fut le chef du Front populaire : Blum a marqué cette expérience cruciale de la France du XXe siècle d’une empreinte personnelle très forte.

Engagé en politique dès l’affaire Dreyfus, compagnon de Jaurès et des socialistes ayant pris des responsabilités pendant la guerre, principal artisan du rejet du bolchevisme, témoin actif du gouvernement du Cartel des gauches, Léon Blum fut pourtant le contraire d’un politicien classique. Il eut toujours, en effet, le courage et la lucidité de refuser le ralliement à la « démocratie bourgeoise », ce qu’ont fait à cette époque beaucoup de chefs socialistes européens. Pas davantage il n’a, comme les adversaires qui l’en ont accusé, « désarmé la France » (bien au contraire, c’est lui qui a amorcé le réarmement).

Certes, il n’a pas manqué de commettre des erreurs, lourdes pour certaines; en particulier, il n’a pas bien mesuré les adaptations qu’auraient dû imposer à sa politique l’état économique du monde et la situation internationale. Son énergie, sa générosité et son enthousiasme lui ont néanmoins permis de faire les réformes sociales décisives que l’on connaît : il faut bien admettre que la volonté politique a joué un rôle bien supérieur à celui des mouvements sociaux…

De l'assassinat de Jaurès en 1914 à sa propre mort, Léon Blum (1872-1950) a exercé sur le socialisme français un magistère qui ne se limite pas à ses brèves expériences de gouvernement. La première d'entre elles, qui fait suite à la victoire du Front populaire, garde soixante-dix ans après la force symbolique d'un grand mythe républicain. Cela tient peut-être en partie à une conception de la politique : intellectuel, esthète, mondain, juriste, Blum n'a jamais cherché le pouvoir en tant que tel comme bon nombre d'hommes d'Etat de son temps. L'amour des hommes, la croyance au progrès, la révérence pour les principes et les institutions de la République ont nuancé en lui l'influence d'un marxisme dogmatique et fortifié son incontestable courage moral et politique. Pour accabler sa mémoire, on peut gloser à l'infini sur les conséquences de la non-intervention en Espagne, et Vichy lui a imputé la responsabilité de la défaite de 1940... Mais il faudrait quelque mauvaise foi pour négliger que Blum a collaboré avec Marcel Sembat au ministère des Travaux publics durant la Grande Guerre, rejeté l'ultimatum bolchevique en 1920, donné une forme politique et juridique aux aspirations ouvrières en 1936. Enfin, pour oublier que la plupart des socialistes se sont ralliés sous son impulsion à la Résistance gaullienne.


Dans BiblioMonde

Léon Blum : la biographie de Jean Lacouture

La troisième République, 1919-1940

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