BiblioMonde

Léopold III

par Vincent Dujardin, Mark Van den Wijngaert, Michel Dumoulin (direction de l'ouvrage)

( Livre )
Complexe
Collection Histoire
2001, 400 p., 19.7 euros

ISBN : 2870278780

De la controverse à l'histoire

Biographie complète du plus controversé des rois des Belges. Son règne a beau avoir été le plus court dans l’histoire de la dynastie du Royaume, la polémique qui s’est développée à l’époque n’a pas son équivalent en Belgique. Partant de la jeunesse de Léopold III jusqu’à son abdication en 1951, cette synthèse fondamentale ne se referme pas sur la question royale, elle évoque aussi les années d’après règne consacrées à l’ethnologie et à la photographie.

Une biographie qui retrace l’ensemble de la vie du Souverain : c’est une première. Jusqu’ici en effet, les portraits consacrés au Roi se cantonnaient à l’étude de l’un ou l’autre aspect de sa vie, et principalement à la campagne des 18 jours, à l’Occupation et à la question royale.

Pourtant Léopold III n’a régné que 6 ans entre 1934 et 1940, et se trouve contraint d’abdiquer dès l’âge de 50 ans. Que fit-il après ? Comment le prince Léopold avait-il été préparé à sa tâche ? Était-il vraiment prêt lorsqu’il monte sur le trône en 1934 ? Quels faits marquants ont jalonné les six années de son règne ? Quelles sont les véritables causes de l’abdication ?
Telles sont les questions auxquelles la biographie, dont la parution sera accompagnée d’une émission spéciale de la RTBF, tente de répondre.

L’ouvrage, destiné au grand public, a été établi sur base d’archives très diversifiées et souvent inédites comme les Archives anglaises du Foreign Office, les archives des présidents des États-Unis et des Secrétaires d’État et bien évidemment les archives royales et rédigé par des historiens de différentes universités belges francophones ou flamandes. Le récit est en outre illustré de documents et de photographies parfois inédites et s’achève sur un chapitre consacré à l’image que le Roi a donnée à ses contemporains et conçu sur base de nombreuses caricatures, dessins ou photographies inédites.
La première partie du livre est consacrée à l’enfance du prince Léopold, « né pour régner », et qui reçoit dès lors une éducation particulièrement soignée, par des professeurs d’université, et puis dans un des meilleurs collèges d’Angleterre.
Le prince voyage également, assiste à l’ouverture du tombeau de Toutankhamon, se rend au Congo et en Indonésie. Ce chapitre aborde encore le mariage avec la princesse Astrid et s’achève avec l’annonce du décès du roi Albert alors qu’il n’a pas achevé la formation politique de son fils.

En 1934, Léopold III se révèle être un monarque constitutionnel, particulièrement sensible à ses prérogatives, surtout en matière militaire et diplomatique. Les options du Roi se traduisent aussi dans les faits en matière de politique étrangère : Léopold sera, avec Paul-Henri Spaak et Paul van Zeeland, deux jeunes hommes politiques qui incarnent le souci de renouveau de la classe politique voulue par le Souverain , l’initiateur de la politique d’indépendance et de neutralité. Sur le plan humain, cette période est marquée par le décès de la reine Astrid, qui suivait d’un an la mort tout aussi tragique du roi Albert.

Lorsque l’Allemagne attaque la Belgique, le 10 mai 1940, Léopold III prend la tête de l’armée belge. Le 25 mai, la rupture entre les ministres et le Roi est totale. Alors que la défaite est proche, les ministres veulent que le Roi les accompagne en Angleterre pour poursuivre la lutte aux côtés des Alliés, tandis que le Roi veut s’en tenir à une stricte politique de neutralité et rester auprès des soldats et de son peuple.

Au printemps de l’année 1944, il rédige avec ses conseillers un testament politique capital pour l’avenir, et dont les ministres prennent connaissance durant l’automne. Le Roi y demande notamment que les leaders politiques de 1940 présentent des excuses en public pour les propos tenus après la capitulation de l’armée belge, et affirme que tous les accords internationaux qui ont été pris par les gouvernements sans la signature du Roi sont sans valeur. Or on sait combien les Alliés avaient besoin de l’uranium du Congo. Léopold III se fera, par ce seul texte, beaucoup d’ennemis; c’est sans doute à ce moment que son sort se scelle définitivement.

En juin 1944, alors que les Alliés débarquent en Normandie, Léopold III est déporté en Allemagne sur ordre d’Himmler. Avant même qu’il ne soit libéré et ne rentre en Belgique, les Alliés et le gouvernement belge s’accordent à réclamer de lui qu’il revienne sur les propos tenus dans son testament politique. Mais le Roi, dont la souplesse n’est pas la plus grande des qualités, éprouve des difficultés à oublier les différends du passé tandis que les ministres maintiennent leurs conditions. Ni la consultation populaire de mars 1950, ni les multiples interventions de la reine Elisabeth, ni le combat des différents mouvements léopoldistes qui ont fleuri alors un peu partout ne peuvent démêler la situation.

Après la mort de quatre victimes à Grâce-Berleur le 30 juillet 1950, alors que le pays, et surtout la Wallonie, est plongé dans une grève générale, Léopold décide d’abdiquer en deux temps. Le système institutionnel belge prend alors un tournant décisif et évolue vers une monarchie plus parlementaire.

Par la suite, le roi prendra une distance de plus en plus grande vis-à-vis de toute activité politique, surtout après 1960 lorsqu’il quitte le palais de Laeken pour s’installer à Argenteuil. Il retrouve alors les intérêts qui étaient les siens avant de monter sur le trône : principalement les explorations et la recherche scientifique. À Argenteuil, il reçoit de nombreux scientifiques et des écrivains.


Dans BiblioMonde

Nouvelle Histoire de la Belgique - volume 2 : 1905-1950

____________________________________________

Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.



 
© BiblioMonde.com