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Lettre ouverte à mon tortionnaire

par Salah El-Ouadie

( Article )


Lire la version en français, traduite par Francis Gouin, pour le quotidien marocain Libération du 16 avril 1999.


« Publiée sans commentaire, vendredi 16 avril 1999, dans deux quotidiens marocains, Libération et Al Ittihad Al Ichtiraki. L'auteur, Salah El Ouadie, interpelle son bourreau, évoque le souvenir de ses compagnons - Abdellatif, "mort sous les coups de fouet et enterré sous un faux nom"; Miloud, "qui a perdu la raison ", Abdallah, "réduit à un tas de pansements sanguinolents"... -, avant de plaider contre l'oubli, "honteuse comédie qui mépriserait le droit des victimes".
L'homme sait de quoi il parle. Militant de gauche, il a été arrêté en 1974 et détenu au secret. Il avait 22 ans. Torturé pendant plus d'une année parmi 140 prisonniers d'opinion, il sera condamné à vingt ans de prison pour atteinte à la sûreté de l'Etat et à deux années supplémentaires pour outrage à magistrat. En 1984, par grâce royale, il sera libéré.

Le tortionnaire auquel s'adresse Salah n'est pas un inconnu. Commissaire de police, K. Y. a sévi pendant des années au Derb Moulay Cherif, à Casablanca, l'un des centres de torture du régime. Il est aujourd'hui l'un des responsables de la Sûreté nationale. Il y a deux ans, raconte Salah dans sa lettre, K. Y. est venu à Genève devant les Nations Unies "témoigner qu'il n'y a pas de torture" au Maroc. » (extrait d’un article de Jean-Pierre Tuquoi, Le Monde 22 avril 1999).

Le texte se temine par « Sans haine ni rancune » signé Salah el Ouadie

 
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