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Livre de l'humour arabe (Le)

par Jean-Jacques Schmidt

( Livre )
Sindbad
Collection Bibliothèque arabe
2005, 220 p., 23 euros

ISBN : 2742752927

Les Arabes, musulmans et chrétiens, que l'on imagine, en Occident, austères, puritains et rigides, peu enclins au rire et à la plaisanterie, ont accumulé, en la matière, tout au long du Moyen Age, un patrimoine qui n'a rien à envier aux autres civilisations. À travers cette anthologie, on constate l'existence d'une grande liberté de ton parmi les hommes et les femmes des sociétés arabes de l'époque, d'un sens aigu des relations directes et franches et d'un grand attachement à l'esprit, au-delà des hiérarchies et des barrières sociales. La légèreté et la grivoiserie, ajoutées au sens de la répartie et de la dérision, sont les éléments caractéristiques de cet humour.

Les ouvrages dans lesquels ont été puisées ces anecdotes comptent parmi les plus célèbres du genre adab (ou culture générale), qui consiste pour les Arabes à mêler le sérieux au plaisant, sans ordre strict, et à permettre tout à la fois d'amuser et d'instruire. Le lecteur pourra ainsi « folâtrer » librement dans ce livre, l'ouvrir à n'importe quelle page, avec la certitude de tomber sur une histoire drôle qui le fera rire - ou sourire.

« Dis-moi de quoi tu ris, je te dirai qui tu es. Jean-Jacques Schmidt définit l'humour comme "le miroir de la personnalité des peuples". Mais même au sein d'un même peuple et d'une même langue, l'humour évolue : tribal et moqueur durant la période anté-islamique, plus urbain et coquin sous les Omeyyades, il devient cosmopolite et raffiné sous le règne abbasside. Un livre à picorer, comme des cacahuètes à l'heure de l'apéritif. Dommage que le recueil ne fasse pas une place aux blagues politiques si prisées aujourd'hui en Égypte, en Palestine, au Liban ou en Irak. Mais là, il s'agit d'humour noir... » (Christophe Ayad, Libération, 30 juin 2005)

« Si les textes humoristiques sont relativement rares, les premiers, qui remontent à la période préislamique, démontrent que le rire et la plaisanterie font partie intégrante de la civilisation arabe. L’humour permet d’abord aux tribus de mieux supporter leurs difficiles conditions de vie. Au début de l’islam, la dérision et la moquerie se portent sur les ennemis de la religion qui sont combattus par le fer autant que par le rire. Peu à peu, en même temps que les peuples se sédentarisent, l’humour se fait caustique, frondeur, enjoué, reflétant une prospérité et un sentiment de sécurité nouveaux. C’est dans la société abbasside que la plaisanterie et l’humour connaissent leurs plus belles heures. L’humour se libère du carcan religieux et se nourrit de rapports humains plus raffinés et plus complexes. La religion et les théologiens deviennent même des cibles de choix pour les plaisantins. Moins pudibonds qu’on ne le pense, les Arabes affichent aussi un faible pour la grivoiserie. Si les témoignages concernant la période anté-islamique sont rares, les périodes suivantes offrent de nombreux textes réunis et classés par époque par Jean-Jacques Schmidt. » (Geneviève Fidani, RFI, 26 juin 2005)

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