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Même les orties fleurissent

par Harry Martinson

( Livre )
Agone
Collection Marginales
Langue d'origine : suédois
Traduit par C. G. Bjurström et Jean Queval
2001, 20 euros
Première édition : Stock - 1978
ISBN : 2910846644

Premier volet d'une autobiographie, ce récit d'une enfance marquée par la pauvreté et la solitude témoigne de la conquête d'une dignité d'homme fidèle à son passé.

« Il était une fois, en Suède, deux frères et une sœur, Olav, Wilgot et Hanna, qui riaient comme trois bons gros géants, car Olav était de retour de l’autre bout du monde : "À voix basse, ils faisaient surgir le souvenir du fin fond des temps, ensemble ils le faisaient monter jusqu’au sommet de la pyramide du rire. Hoho, hohoho, ah ! comme c’était dans ces temps-là ! Même les douleurs". C’était en 1894. Seize ans plus tard, personne ne rit plus, Olav qui meurt laisse sa famille en faillite.

L’autobiographie d’Harry Martinson (1904-1978) ne rit plus non plus. Même les orties fleurissent s’arrache à la légende, la mère fiche le camp, Inez la sœur aînée meurt aussi. Les quatre enfants qui restent sont mis aux enchères, trois sœurs et le petit frère. Place à Martin, pauvre Martin, pauvre misère. Martin, 7 ans, pupille de la commune, part donc avec son balluchon : "Des âmes charitables lui montrèrent un chemin qui s’enfonçait dans les bois." Il va aller de ferme en ferme. » (extrait d’un article de Claire Devarieux, Libération, 10 janvier 2002)


« C'était comme si Martin avait eu dans les yeux de la poussière de foin. Il ne pouvait rien voir si les autres ne lui montraient pas qu'eux aussi voyaient. Une seule parole que Wilhelm lui aurait adressée en propre eût suffi, mais cette conversation particulière, ce tutoiement portant sur de petites choses - par exemple "comment vas-tu aujourd'hui ?" ou "qu'est-ce que tu dis, toi, de l'anémone, pourquoi pas des raves de l'espèce bortfelder ?" -, ces petites choses ne furent pas prononcées. Ce n'était pas dans le caractère de Wilhelm. Il était honnête et correct, il ne tenait pas compte des petites choses ni des excessivement grandes, il tenait compte d'ares et de journées, d'ordre et de nécessité pratique. Il n'y aurait rien eu de surprenant d'apprendre qu'il avait exactement cinq mille mètres carrés d'honnêteté et trois ares et demi de foi. Il avait un mètre avec lequel mesurer son père, une mesure d'un pied avec laquelle mesurer ses sueurs, un centimètre pour les valets, un pouce pour les servantes et, avec un millimètre, il mesurait les pupilles de la commune. » (présentation de l’éditeur)

Ce roman autobiographique publié en 1935 à Stockholm sous le titre Nässlorna blomma est suivi de Il faut partir. Ces deux livres ont fait de Harry Martinson un auteur populaire en Suède.


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