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Machine arrière

par Robert Menasse

( Livre )
Verdier
Collection Der Doppelgänger
Langue d'origine : allemand (Autriche)
Traduit par Christine Lecerf
2003, 224 p., 15 euros

ISBN : 2864323923

Un nouveau volet de la « trilogie viennoise » de Robert Menasse

« À Komprechts, village autrichien proche de la frontière tchèque, la situation n'est pas brillante en ce début d'année 1989 : après la carrière, c'est la verrerie qui risque de fermer. König, le maire, croit trouver le remède dans la reconversion du village en haut lieu de tourisme vert. Un musée de la Pierre rappellera le souvenir de la carrière. Mais la vieille madame Nemec, qui a toujours vécu à proximité, acceptera-t-elle que l'on transforme sa maison en musée ? Cette même année, Roman rentre du Brésil pour s'installer chez sa mère : celle-ci vient de se remarier avec un garçon à peine plus âgé que lui et d'acheter une ferme pour se lancer dans l'agriculture biologique. Fragmentée, et visionnée par les enquêteurs qui travaillent sur un crime mystérieux à partir d'une vidéo tournée par Roman, c'est toute la réalité confuse d'une région d'Europe centrale à la fin du vingtième siècle qui s'écrit ici à l'aide des touches d'un magnétoscope. Avance rapide, pause ou retour en arrière, telles sont les trois possibilités, sans doute également illusoires, qui s'offrent à la conscience des personnages, au fil d'une narration où enjeux intimes et tensions collectives sont étroitement liés, où le tragique et le grotesque ne cessent de se côtoyer. » (présentation de l’éditeur)

« Robert Menasse fait partie de ces intellectuels autrichiens qui, comme Mickael Haneke au cinéma, aiment à mettre le doigt sur les petites vicissitudes de leurs compatriotes et de la société autrichienne. En alternant tragédie et grotesque, Machine arrière nous donne à vivre quelques épisodes croustillants, tels l’incursion des pompiers de Komprechts en territoire tchèque ou la confection du dépliant publicitaire censé attirer les touristes dans le village. Avec ce nouveau roman, Robert Menasse nous offre avec talent un ouvrage dense, propice à la réflexion. » (extrait d’un article d'Anne Weber, Sitartmag, septembre 2003)

« Au début, Roman est à São Paulo. On ne sait pas qu'il va rentrer après une nouvelle lettre de sa mère. A priori, tout l'exaspère chez sa génitrice, à commencer par son emploi ridicule du vocabulaire le plus courant et le diminutif jugé grotesque dont elle l'affuble ("Romy"). Qu'elle parte vivre à la campagne avec un jeunot apparaît cependant le pire. Et pourtant. "C'était d'ailleurs lui qui, en racontant cette incroyable histoire, l'avait rendue crédible. En fait, tous ceux à qui il la racontait se mettaient à l'adorer [sa mère, ndlr], contrairement à son intention de départ. (...) Avec un désarroi croissant, Roman prenait note de l'enthousiasme et de l'admiration, ou du moins du mérite que l'on attribuait à chaque fois à sa mère. Les adjectifs grotesque ou dément disparurent bientôt de son récit. Puis, pratiquement à son insu, les termes comme originale, courageuse ou indépendante finirent par évoquer le personnage de sa mère. A la fin, il ne savait même plus si c'était la vérité, le fruit de son imagination, une caricature ou bien une légende qu'il racontait. Au fil de ses descriptions, il avait été contraint de modifier l'image qu'il avait de sa mère. Une nouvelle image d'elle s'était réellement formée : il se mit à être fier de sa mère, non pas de ce qu'elle faisait et continuait de faire, mais fier de pouvoir en parler, et de savourer ainsi les effets de son récit." » (extrait d’un article de mathieu Lindon, Libération, 23 octobre 2003)


Titre original : Schubumkehr

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