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Maia (Les)

par José Maria Eça de Queiroz

( Livre )
Chandeigne
Collection Lusitane
Langue d'origine : portugais
Traduit par Paul Teyssier
2000, 795 p., 25.92 euros
Première édition : 1956
ISBN : 2906462748 (3e édition)

Épisodes de la vie romantique (sous-titre)

Le chef d'œuvre du roman portugais du XIXe siècle, à la fois roman d’amour romantique et fresque évoquant une société bourgeoise décadente dans une Lisbonne fin de siècle. Cette chronique féroce d'une famille de la bonne société reste la peinture de référence de la Lisbonne des décennies 70 et 80 du XIXe siècle.

Os Maias, ce roman d’Eça de Queiroz (ou Queirós) écrit en 1888 et traduit français en 1956 par Paul Teyssier, réédité en 1971, est reparu en 1997 chez Chandeigne dans une version revue et corrigée.

« Les Maia, paru en 1888, est indubitablement son chef-d'œuvre. Il appartient au genre des romans "cycliques" où l'on suit le destin non seulement d'une personne, mais d'une famille, précédant ainsi Les Buddenbrooks de Thomas Mann et la Forsyte Saga de Galworthy.
Le nœud de l'action est une sulfureuse histoire d'amour dans le goût romantique, mais le grand intérêt du récit est ailleurs : dans la peinture d'une société bourgeoise décadente; dans l'évocation de la ville de Lisbonne qu'arpente le héros, Carlos de Maia, de la rue des "Janelas Verdes" jusqu'au Chiado ; enfin dans le personnage d'Ega, type du Portugais cultivé, hyperconscient, cosmopolite, enclin à dénigrer son pays auquel il est profondément attaché - comme Eça lui-même.
À la fois histoire d'une passion fatale, peinture de mœurs objective et virulente satire, ce livre, dont le rythme rappelle les romans anglais par son style à la fois lumineux, attendri et ironique, a immortalisé Lisbonne dans la littérature. » (présentation de l’éditeur)

« Le roman le plus ambitieux et celui à plus grande haleine, Os Maias, (1888), où il versera toute son expérience accumulée d’auteur de fiction, "tout ce que j’avais dans le sac", comme il a avoué. À côté d’un drame à saveur classique, l’inceste entre frère et sœur, se déroule dans ce roman le panorama du Portugal du XIXe, chargé de décadence, désistement et désillusion, qui pourra être perçu comme une paraphrase littéraire du Portugal Contemporãneo, de son ami Oliveira Martins. La critique contemporaine, mal préparée pour accueillir une œuvre s’éloignant des modèles français qui lui servaient habituellement de référence, n’a pas compris, de façon générale, ce qu’il y avait de nouveau dans ces deux volumes qui ne seraient correctement évalués qu’environ un demi-siècle plus tard. » (extrait d’un article d’A. Campos Matos, Institut Camões, avril 2000)

« Roman fin de siècle (il paraît en 1888), Les Maia porte en germe le conflit d'époque et de génération. Derrière la fatalité des amours tragiques, se dessine en filigrane, une manière d'autoportrait. Au faîte de sa carrière, l'écrivain, alors âgé de 43 ans, se retourne sur l'étudiant qu'il fut. Le très beau Carlos da Maia et son double efflanqué João da Ega, "révolutionnaire et bambochard" seraient en somme l'idéal de jeunesse et sa caricature.Fils de grande famille mais épris de médecine - "la vie pour de bon, pratique et utile" - logé dans un véritable palais mais lisant Proudhon et Auguste Comte, Carlos ouvre ses portes aux révolutionnaires et aux poètes bohèmes, pour d'"ardentes palabres métaphysiques". Homme de grand style, amateur d'art et fin lettré, il aspire à "la gloire nationale". Nourrissant de grands projets pour sortir le pays du "gâchis", il songe déjà à la statue qu'on lui élèvera mais n'entreprend jamais la plus petite action. Au fond, il n'a qu'un rêve : "créer un cénacle de dilettantisme et d'art (...) lancer la Revue qui serait la suprême orgie intellectuelle. Tout cela annonçait un hiver "d'un chic fou". Et l'on sait que le dilettantisme fut le dernier refuge de l'écrivain. » (extrait d’un article de Maiä Bouteillet, Le Matricule des Anges)

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