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Malgré les ruines et la mort

par Sophia de Mello Breyner

( Livre )
La Différence
Collection Le Fleuve et l'Écho
Langue d'origine : portugais
Traduit par Joachim Vital
2000, 616 p., 25.76 euros

ISBN : 2729112545

Recueil (bilingue) de poèmes, présentation et notes : Joachim Vital

« Malgré les ruines et la mort, premier vers éponyme de l'anthologie magnifique que lui consacre son traducteur-éditeur, restitue la ténacité d'une démarche à l'antique : aller vers les ombres les bras chargés des offrandes de la vie. Ayant accompli "l'entièreté du possible", allant vers Delphes comme si l'être était encore sous le signe du divin. » (Michel Cluny, Lire, mai 2000)

« Si Sophia a consacré de très beaux poèmes à Pessoa - "Et j'ai fermement cru que tu voyais le matin/ Parce que ton âme fut visuelle jusqu'aux os/ Impersonnelle jusqu'aux os/ Obéissant à la loi des masques de ton nom" -, elle l'a fait sans lui céder tout à fait. Dans son appartement de Lisbonne, où elle parle peu car cela lui est devenu un effort, elle dit : "Pessoa c'est un peu comme une querelle pour moi. C'est un homme qui a sacrifié sa vie à son œuvre, ou peut-être qu'il n'avait pas de vie à sacrifier et c'est une attitude qui m'angoisse." Aussi, quand on lui demande qui sont ses maîtres, ce n'est pas du tout Pessoa qu'elle nomme, mais Homère et les poètes de la Bible - "Le plus beau poème est dans la Bible, c'est le Magnificat, parce que c'est un poème d'exultation et d'humilité et puis il marque l'alliance de l'homme avec l'Éternel." Qu'elle se réclame d'Homère n'est pas très étonnant, tant sa poésie est hantée par les figures du voyage, de la navigation, des îles et des mythes grecs. La Bible, en revanche, on s'y attendait moins, puisque ceux qui peuplent ses poèmes sont par priorité les dieux, surtout Apollon et ses temples, ses architectures et colonnes, son ordre et sa rigueur, mais aussi Dionysos, Athéna et, bien sûr, Orphée, figure de la jaculation poétique. Dieu semble au contraire singulièrement absent. Mais Sophia a un argument choc : "Je trouve que c'est un abus de le nommer, mais il est la présence principale de ma poésie parce que je parle de la mer, de la montagne, et qui a créé la mer, qui a fait la montagne ? Les dieux grecs n'ont pas créé le monde." » (extrait d'un article de Stéphane Bouquet, Libération, 7 mars 2000)

Un poème (fr.)

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