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Manuel de peinture et de calligraphie

par José Saramago

( Livre )
Points
Collection Littérature
Langue d'origine : portugais
Traduit par Geneviève Leibrich
2002, 268 p., 6.95 euros

ISBN : 2020533022

« H, peintre conventionnel et sans véritable talent est chargé de faire le portrait de S, directeur d'une grande entreprise. Conscient de ses limites, souffrant de la médiocrité de ses toiles et de la banalité de sa vie, H décide de s'interroger sur le sens de son existence et sur celui de son art. Pour cela, il commence à exécuter dans le secret de son atelier un second portrait de S et, parallèlement, décide d'écrire un journal. Peu à peu, il découvrira qu'en peignant un autre c'est lui-même qu'il peint et qu'en voulant mieux se connaître à travers l'écriture c'est vers fart que celle-ci le conduit.

Le journal de H, en rendant inséparable la vie d'un homme de son oeuvre dans un constant va-et-vient entre réalité et fiction, mensonge et vérité, nous offre un des plus beaux romans sur les rapports entre la vie et f art, l'éthique et l'esthétique. » (présentation de l'éditeur)

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« Manuel de peinture et de calligraphie un roman, de Saramago, qui parut dès 1977, donne la clé des événements à venir. Cet ouvrage parle à la base de la naissance de l'artiste, celle du peintre comme de l'écrivain. On peut le lire en grande partie comme une autobiographie, mais il contient aussi dans sa luxuriance des thèmes amoureux, des sujets d'ordre éthique, des impressions de voyage et des réflexions sur l'individu et la société. La libération apportée par la chute du régime de Salazar en 1974 devient un motif final porteur d'ouverture. » (commentaire de l’Académie suédoise)

« Le Manuel de peinture et de calligraphie - ou l'art d'écrire en beauté - se ramène à un manuel d'autobiographie et de biographie, ce qui revient au même pour autant que l'on regarde le peintre, le calligraphe, se composer une vie pendant qu'il peint, pendant qu'il écrit, pendant qu'il se dépêtre dans des liaisons amoureuses sur lesquelles il insiste pesamment. Il ne se prend pas pour un génie, pas même pour un artiste; il se fait la main en peignant des portraits. Il commence par celui d'un certain S, patron d'une affaire mystérieusement désignée par quatre lettres savantes, SPQR (Senatus populusque romanus...), sigle qui recouvre on ne sait quelle activité. Ce que nous saurons, c'est le rôle des initiales (S comme Saavedra ou Saramago). Les principaux héros ne sont désignés qu'ainsi et l'anonymat signifie que l'individu a mission d'incarner le sujet qui n'a pas de nom : l'homme, tout simplement. Faire un portrait de S, puis un second qui sera caché, a pour but de démasquer la vérité, comme veut le faire la littérature. Mais qu'est-ce que la vérité ? Un homme, une femme, l'être humain, l'art, la littérature se trouvent soumis à procès et chaque fois Saramago recourt à la réduction à zéro, à la rigueur radicale qu'il ne cessera de préconiser au long de ses livres. La biographie est à confectionner, un montage sans achèvement. L'autodidacte fait des exercices pratiques. Pour cela, il se rend en Italie où s'offrent les plus riches musées d'Occident : Milan, Venise, Padoue, Florence, Arezzo, Rome, Naples donnent des leçons de peinture que le portraitiste enregistre avec bonne volonté, et il rédige de ses visites à Giotto, Piero della Francesca, Mantegna, une chronique de bon élève s'initiant à l'art de ceux qu'on tient pour des maîtres. "Tout est biographie", écrit-il, et le peintre, les tableaux, le livre se rassemblent dans une oeuvre problématique. Le peintre prend la mesure de son médiocre talent; l'homme ne mènera pas à bon terme une oeuvre d'homme conscient et organisé. Il finit par se lancer dans le dessin de publicité. Saramago est un romancier philosophe, au sens socratique du mot. Il se dote d'une philosophie mouvante, sans certitudes, puisqu'il n'y a pas de dieu pour tout expliquer. Il faut que le communiste en lui - "le communisme est à réinventer" - s'appuie sur une longue citation de Karl Marx pour qu'on aperçoive tout à coup l'ossature d'une idéologie fortement subjective, et qu'apparaisse le citoyen portugais qui n'avait véritablement aucune sympathie. » (extrait d'un article de Lucien Guissard, La Croix, 16 mars 2000)

« Maintenant je vois avec clarté qui ont été les maîtres de ma vie, ceux qui le plus intensément m'ont enseigné la dure tâche de vivre, ces dizaines de personnages de roman et de théâtre qui défilent en ce moment devant mes yeux. Ces hommes et ces femmes faits de papier et d'encre, ces gens que je croyais guider à ma convenance de narrateur, obéissant à ma volonté d'auteur comme des pantins articulés dont l'action ne pouvait avoir sur moi plus d'effet que la tension des fils qui les faisait se mouvoir. De ces maîtres, le premier fut sans doute un médiocre peintre de portraits que j'ai désigné seulement par la lettre H., protagoniste d'une histoire dont je crois raisonnable de dire qu'elle est doublement initiatique (pour lui mais aussi, d'une certaine façon, pour l'auteur du livre). L'histoire s'intitule Manuel de peinture et de Caligraphie, elle m'a enseigné l'honnêteté élémentaire de reconnaître et respecter sans ressentiment ni frustration mes propres limites. » (extrait du discours de José Saramago devant l'Académie royale de Suède à l'occasion de son Prix Nobel, 7 décembre 1998 – traduit par Gérard Nosjean)

Ce roman paru en 1977 à Lisbonne sous le titre Manual de Pintura e Caligrafia est le premier écrit par l'auteur après avoir décidé de se consacrer entièrement à la littérature. Il a été traduit en français par Geneviève Leibrich


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