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Méfiez-vous des parachutistes

par Fouad Laroui

( Livre )
Julliard
mars 1999, 190 p., 15.79 euros

ISBN : 2260015174

Le narrateur est un jeune Marocain frais émoulu de l'École des Mines qui, à son retour au pays natal, reçoit sur la tête un parachutiste qui a sauté d’un hélicoptère lors d’une parade aérienne. Celui-ci s’incruste chez lui au nom du principe coranique : tout bon musulman se doit d’honorer l'invité de Dieu. L’auteur multiplie les situations cocasses, accumule les digressions, pour insister sur les maux qui affectent le pays. Avec en tout premier lieu le poids étouffant de la parentèle et celui, plus insupportable encore, d'une misogynie qui s’affiche sans limites. Ce livre est une satire de la société marocaine avec toutes ses contradictions et ses travers, il est plein d'humour, mais aussi des désappointements que l'auteur a vécu enfant et adolescent et qu'il endure même adulte quand il retourne au Maroc.

« Un roman truculent sur le Maroc des années 1970, un livre écrit dans une langue inventive pétrie de culture occidentale bien assimilée, avec laquelle l'auteur jongle comme un conteur sur une place publique. On retrouve ces qualités dans ce roman au titre un peu rebutant mais qui donne son sens à l'histoire, car il s'agit bien d'un parachutiste qui lui tombe sur la tête en plein centre-ville, ce qui va entraîner un certain nombre de péripéties rocambolesques, toutes prétexte à dire le Maroc d'aujourd'hui » (extrait d'un article de Tahar Ben Jelloun, Le Monde du 9 avril 1999).

« De retour de France où il a suivi avec succès de brillantes études, l'ingénieur Machin va devoir supporter ce supplice ainsi que les rites étranges qui régissent la vie quotidienne marocaine.
Il lui faudra se plier aux rapports hiérarchiques kafkaïens, accepter les relations amoureuses pernicieuses, subir sans broncher les avanies d'un pouvoir discrétionnaire. Mais il devra surtout admettre qu'aucun Marocain n'a droit au respect de la vie privée.

Méfiez-vous des parachutistes fourmille de personnages irritants, poignants ou désopilants qui, tous, incarnent l'attachement indéfectible de Fouad Laroui au peuple marocain. Mais le plus singulier d'entre eux est certainement Bouazza, le parachutiste, l'homme du peuple, qui symbolise, dans sa simplicité ahurie, l’aliénation de la société marocaine. » (présentation de l'éditeur)

« Pour voyager dans les entrailles de la société marocaine et nous conter les mille et une contradictions qui l'habitent, l'enrichissent, la rendent à la fois passionnante ou insupportable et surtout pour nous dire la difficile entreprise qui attend tout être adepte de l'individualisme et de la vie privée, Fouad Laroui, qui en est à son troisième roman, a recours à une entrée en matière tonitruante : son héros, un jeune étudiant marocain, de retour de France où il avait suivi des études d'ingéniorat dans la prestigieuse École des Mines, reçoit un jour sur la tête, en plein Casablanca, un parachutiste tombé du ciel, qui se met sur le champ à chialer comme une madeleine. Le ton est donné, le jeune étudiant, ne va plus pouvoir se débarrasser de Bouazza son invité surprise... qui deviendra son cuisinier, son homme de ménage, son faiseur de famille, sa marieuse, son printemps et son hiver. L'ingénieur comprendra, après mille et une tentatives pour préserver son carré d'intimité et mener une vie torturée et inquiète, lot de tous les individus peuplant les sociétés occidentales, qu'il lui faut se relâcher et entrer dans le moule marocain - un moule fait de convivialité, d'insouciante fatalité, de collectivité envahissante et d'une impossible solitude. Commence alors pour le personnage central une nouvelle vie et pour les lecteurs de ce roman attachant et plein d'humour l'occasion de pénétrer dans l'intimité de la société marocaine. » Fayçal Chehat, Africulture, 1999)


Sur la Toile

À propos du livre, un article de Jean-Claude Lebrun , l’Humanité, juillet 1999.

Commentaire de Naïma BOUCHRINE dans Maroc Hebdo.

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