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Miseria

par Aïcha Ech-Channa

( Livre )

1996, 208 p.

ISBN : 9981-838-44-4 (3e édition)



Une vingtaine d’histoires de victimes (petites bonnes maltraitées ou enfants abandonnés) qui ont fortement marqué l’opinion marocaine.

Ce livre a été motivé, notamment, par le sort des femmes qui accouchent sans être mariées : si elle se risque d’aller à l’hôpital, elle sont arrêtée, jugée et condamné à 3 à 6 mois de prisons « pour prostitution ». L’enfant est soit emprisonné avec la mère, soit confié à l’orphelinat. L’autre solution pour les mères célibataires (presque toujours rejetées par leur famille) est d’accoucher seule…

L’auteur « choquée par la façon dont la société marocaine rejette les mères célibataires, crée l'association Solidarité féminine, pour s'occuper de ces jeunes femmes que la loi considère comme des prostituées et qui sont, pour la plupart, de "petites bonnes" abandonnées après avoir été, souvent, abusées par l'un des hommes de la famille qui les emploie. Au Maroc, le sujet est tabou ». (D. L., L’Express, mars 2000).

« L’avocate : "80 % des femmes expulsées de chez elles n’ont pas de revenus. Que voulez-vous qu’elles fassent ? Qu’elles se prostituent ? On les y pousse. La répudiation est une catastrophe, une épée de Damoclès sur la tête des femmes. Si l’on veut légiférer utilement, il faut commencer par instaurer une vraie loi sur le divorce, une loi qui protège la femme " 10, rue Mignard, quartier Palmier, Casablanca. Une grande maison, siège de l’Association Solidarité féminine. Ici règne Aïcha Ech Channa, grande et forte femme que rien ne décourage. Elle accueille les femmes abandonnées; les petites bonnes violées puis jetées à la rue ; celles auxquelles un homme a promis le mariage avant de s’enfuir, laisant la fiancée enceinte, les filles violées par un père ou un oncle; les femmes qui avaient été répudiées sans le savoir et se retrouve enceinte d’un enfant illégal… » (extrait d’un article de Josette Alia, Le Nouvel Observateur, mai 2000).

En 1997 le livre a été traduit en arabe. En juin 1998, Miseria reçoit le prix Grand Atlas 1998 pour le livre de témoignage, remis par Edmonde Charles-Roux à l’ambassade de France à Rabat.



Sur la Toile

Petites bonnes, grandes souffrances : Un sondage supervisé par le Haut Commissariat au plan a révélé l’ampleur du drame que vivent des milliers de petites filles employées de maison à un âge où elle devraient être en école maternelle. Maltraitées dans leur majorité, elles finissent souvent au trottoir. Une honte pour la société toute entière (par Chifaâ Nassir, Maroc-Hebdo, mars 2004)

Les petites bonnes : le crime de lèse-enfance. Dossier préparé par Leïla Benyassine (Femmes du Maroc)

Prix Grand Atlas du Maroc

 
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