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Monsieur Pain

par Roberto Bolaño

( Livre )
Allusifs (Les)
Langue d'origine : espagnol (Chili)
Traduit par Robert Amutio
2004, 157 p., 15 euros

ISBN : 2922868184

Paris, avril 1938. Tandis que sévissent le fascisme et la guerre civile espagnole, le poète Vallejo se meurt, possédé d'un hoquet incurable. Surgit alors un homme étrange aux poumons brûlés, acupuncteur féru de sciences occultes, Pierre Pain, qui eût pu arracher Vallejo à la mort mais qui s'abîme dans l'angoisse d'un labyrinthe psychique, vaincu par des forces démoniaques, impuissant à juguler l'agonie de Vallejo qui accomplit une fonction rituelle effroyable.

« Le mal mystérieux sert de fil rouge au roman, mais ce serait méconnaître l’ouvre du regretté Robert Bolaño que de suivre trop naïvement cette première piste - le récit épouse en effet bientôt la singulière errance du narrateur à travers la capitale, tantôt chasseur tantôt proie d’individus aux motivations et aux nationalités des plus incertaines. Tandis que M. Pain cultive un jardin secret où les sentiers bifurquent tour à tour vers le roman d’espionnage, le conte métaphysique, le traité d’occultisme ou la visite guidée du Paris nocturne, M. Bolaño règle la chorégraphie d’un fascinant ballet d’ombres dont le livret n’est pas sans rappeler les grandes dérives urbaines du Nadja d’André Breton ou des Dernières Nuits de Paris de Philippe Soupault. » (extrait d’un article de Éric Naulleau, L’Humanité, 29 avril 2004)


« La relativité du monde réel et de l'invention, là réside l'une des obsessions de ce Borges baroque dont on découvre avec bonheur ce Monsieur Pain, roman écrit "en 1981 ou 1982", enfin édité en France. Juste récompense pour un ouvrage qui se déroule en 1938 à Paris. (…) Dans un Paris rococo, Bolaño multiplie alors les personnages improbables et brouille les pistes jusqu'à rendre le récit quasi incompréhensible. » (extrait d’un article de Baptiste Liger, Lire, mai 2004)

« Il s'inspire des Vies imaginaires de Marcel Schwob, l'un de ses auteurs favoris et que son héros lit. Monsieur Pain met en scène une suite de héros secondaires dont les destins à la fois grandioses, ridicules et ratés donnent à l'Histoire un sens tragique et grotesque, mais bizarrement délicat. On retrouve aussi le sens immédiat du récit et la férocité narrative du Chilien; mais ses influences restent trop visibles : Borges, et surtout, ici, Bioy Casares. Le résultat sonne en 2004 comme un glas fêlé. Les fantômes de Vallejo et Bolaño semblent se regarder dans un miroir. Trop d'imbéciles leur survivent; ils survivent toujours. » (extrait d’un article de Philippe Lançon, Libération, 29 avril 2004)

Sur la Toile

Commentaire sur le roman (esp.)

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