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Mort d'Anton Webner (La)

par Gert Jonke

( Livre )
Verdier
Collection Der Doppelgänger
Langue d'origine : allemand (Autriche)
Traduit par Uta Müller et Denis Denjean
2000, 96 p., 10.37 euros

ISBN : 2864323265

« Le 13 septembre 1945, le compositeur autrichien Anton Webern, disciple et ami d’Arnold Schönberg et troisième grand représentant, avec Alban Berg, de l’École de Vienne, fut abattu froidement de trois coups de pistolet par un soldat américain, à Mittersill, dans les Alpes de Salzbourg. Il allait avoir soixante-deux ans. Le soldat, un cuisinier de l’armée américaine qui se livrait au marché noir et craignait d’être espionné, fut condamné à dix jours d’arrêts et renvoyé aux États-Unis.

S’adressant tour à tour au bourreau et à sa victime, Gert Jonke s’interroge sur cette mort absurde et pourtant, à sa façon, pleine de sens. À partir du récit plusieurs fois repris des derniers instants de la vie du compositeur, c’est toute la destinée de Webern qui est ici mise en perspective, une destinée où les mille difficultés de la vie quotidienne, auxquelles Gert Jonke consacre des pages d’un comique délirant, contrastent avec l’extrême exigence artistique qui, on le sait, ne lui permît guère de composer plus d’une trentaine d’œuvres. Il en résulte l’un des plus beaux hommages qu’un écrivain ait rendu à un compositeur. » (présentation de l'éditeur)

extraits de presse sur le site de l'éditeur)

« En septembre 1945, le troisième grand représentant de l’École de Vienne (après Arnold Schönberg, et Alban Berg) est froidement abattu par un soldat américain qui, cuisinier, se livrait au marché noir et craignait d’être dénoncé; après dix jours d’arrêt, l’assassin est simplement renvoyé chez lui ! Lui-même musicien, Thomas Bernhard – encore lui ! – dit que la musique autrichienne est épouvantable, que les Autrichiens n’ont aucun goût ! Jonke, (dé)montre que les choses sont plus complexes : pour être le grand musicien qu’il était, un compositeur d’une extrême exigence artistique, Webern fut obligé toute sa vie de diriger des opérettes qu’il exécrait. Or l’opérette, cliché viennois, produit populaire et sirupeux, n’est pas si méprisable que ça : Gustav Mahler lui doit beaucoup; ou encore, n’est-ce pas en parodiant, en dépassant la sensualité baroque, ou en la refusant, que se construit la modernité ? Dans son ouvre à portée universelle, Jonke ne sépare pas la poésie de la poétique, l’objet de la réflexion devenue elle-même objet, les conditions de l’écriture des possibilités de l’objet décrit. Webern n’a pu se construire dans son ascèse musicale qu’en refusant au quotidien une part de lui-même; et c’est peut-être le destin de l’artiste (autrichien ?) de ne pouvoir être lui-même qu’en repoussant une partie de soi-même, cette culture dans laquelle il a baigné – on ne se construirait bien qu’en s’opposant ! » (extrait d'un article de François Mathieu François Mathieu,L’Humanité, 26 octobre 2000)

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