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Dr la Mort. Enquête sur le bio-terrorisme d'État en Afrique du Sud

par Tristan Mendès France

( Livre )
Favre
mai 2002, 162 p., 14.9 euros

ISBN : 2828906825

L'affaire Wouter Basson : Un projet secret du gouvernement de l'apartheid visait à mener une offensive bio-chimique contre la population noire dans les années 1980-1990.

« Lorsque les premiers éléments du programme ultra secret sud-africain - le Project Coast - ont percé durant l'été 1998, nul n'imaginait encore l'ampleur qu'avait prise ce véritable bioterrorisme d'État. Anthrax, Ebola, Sida, Choléra, stérilisation de masse, poisons chimiques ethniquement sélectifs, figurent parmi les armes envisagées par les autorités de l'Apartheid contre la population noire. Un projet de guerre bio-chimique à caractère raciste largement soutenu par les puissances occidentales. Mis sur pied en 1985, le programme militaire n'a apparemment pris fin qu'en 1994, sans que toutes les responsabilités soient clairement établies. À ce jour nul ne sait où a disparu cette technologie de mort ni entre quelles mains elle se trouve. Encore moins sait-on qui pourrait en faire usage... Plusieurs auditions de la Commission Vérité et Réconciliation présidée par le prix Nobel Desmond Tutu, révéleront toutefois le nom d'un personnage : celui du docteur Wouter Basson, éminent cardiologue et scientifique, surnommé "Docteur La Mort". On lui prête d'avoir été le cerveau du projet dont l'objectif était l'extermination du peuple noir par le biais d'armes biochimiques extraordinairement sophistiquées. Début 1999, Tristan Mendès France, journaliste et documentariste, décide d'aller à la rencontre des différents protagonistes de cette terrible affaire et notamment du docteur Basson. Cette enquête, sous forme de témoignage, apporte un éclairage inédit sur l'un des complots d'État les plus extrêmes du siècle passé. » (présentation de l’éditeur)


« Des dizaines de millions de francs sont ainsi mis à contribution par le gouvernement de l’apartheid peu avant les années 90, afin de mettre sur pied un laboratoire militaire technologiquement suréquipé dans la banlieue proche de Prétoria à Roodeplaat, Des recherches extrêmement poussées sont alors enclenchées afin de développer une molécule mortelle, sensible à la mélanine qui pigmente la peau des noirs. Autrement dit, une arme d’extermination éthniquement sélective. Le laboratoire militaire du docteur Basson étudie également, échantillons à l’appui, l’éventualité de propager de graves épidémies dans les populations africaines. Un volet du Project Coast s’intéresse aussi au meilleur moyen scientifique de stériliser en masse les femmes noires. » (l’auteur)

Sur la Toile

Un dossier sur le site de l’auteur (une vidéo à télécharger)

Complicités bactériologiques autour du « Dr. Death » Au terme de 30 mois de procès, le docteur Basson a été acquitté, le 12 avril, de la totalité des 46 charges dont il était inculpé : dix huit d'entre elles concernaient des meurtres, agressions, intimidations et conspirations, vingt quatre autres des vols, fraudes et détournements (pour un montant de US$ 4,5 mns) et trois la possession d'ecstasy. Il avait été arrêté, en 1997, alors qu'il transportait de la drogue dans sa voiture et relâché immédiatement (Courrier international, 2 février 2002)

« J’ai rencontré Wouter Basson à plusieurs reprises en Afrique du Sud, notamment à Prétoria. Ma deuxième rencontre en 2000 s’est traduite par une singulière proposition : Basson me proposa une interview exclusive pour les chaînes de télévision françaises, en échange de 4 millions de francs... Ce que la production et moi-même avons bien évidemment refusé. Basson m’est apparu extraordinairement sur de lui, vénal., à l’évidence, et imbu de lui même. Ce qui m’a toujours surpris c’est l’assurance avec laquelle il était certain de ne jamais être condamné. Comme s’il se sentait protégé ou sur de son fait. En tout cas, il ne regrettait rien de ce qu’il avait commis. Et que je qualifierais pour ma part d’entreprise génocidaire.

(…) Wouter Basson bénéficie encore aujourd’hui de la protection des services secrets sud-africains, la NIA. J’ai pu le constater lors de mon tournage. L’Afrique du Sud craint que son savoir-faire puisse s’expatrier. J’ai interrogé en 2001 le gouvernement de Prétoria à travers le directeur du cabinet du président Thabo Mbeki, le révérend Franck Chikane (lui-même victime du programme Coast) concernant l’impunité de Basson et son emploi. Il m’a indiqué que si Wouter Basson était encore en fonction dans l’armée, c’est que ce moyen était la meilleure façon de le contrôler. D’autres sources m’ont informé que la CIA et le MI6 faisaient pression sur l’état sud africain pour qu’il empêche son savoir-faire de quitter le pays... » (deux extraits d'un entretien de l'auteur avec Paul Yange, Grioo)



L'Afrique du Sud, ex-laboratoire secret de bio-terrorisme des démocraties (Réseau Voltaire)

Docteur la Mort ou l’incarnation nazie des temps modernes par Stéphane Périgny

Un poison nommé W. Basson : Acquitté et réintégré dans l'armée, l'ancien chef du programme d'armes chimiques et bactériologiques de l'Afrique du Sud largement testé sur les noirs pendant le régime de l'apartheid nargue la mémoire de ses victimes… (Par Alain N., 26 juin 2003, Grioo)

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