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Musée des redditions sans condition (Le)

par Dubravka Ugrešić

( Livre )
Fayard
Collection Littératures étrangères
Langue d'origine : serbo-croate
Traduit par Mireille Robin
2004, 349 p., 20 euros

ISBN : 221362075X

Une douzaine de brèves histoires, de souvenirs et de réflexions dans lesquelles l’auteur évoque la vie des exilés européens qui est la sienne depuis 1993.

« Le début de l'histoire, la sienne donc, se situe en 1946, deux ans avant sa naissance, dans un petit sac à main en cuir de porc, apportée par sa mère. Il contenait des photos, des lettres, une pièce d'or, une tabatière en argent, une écharpe en soie naturelle et une mèche de cheveux. Il faisait aussi office de maison de poupée. C'était un genre d'autel des dieux lares, un objet sacré. Un jour la mère décida d'acheter des albums de photos, et jeta le sac. "J'ai feuilleté les albums, dit Dubravka Ugresic. Ils m'ont rappelé le sac." Et elle réfléchit longuement, subtilement, sur ces photos en vrac qui souvent ne représentent même pas des gens aimés, mais plutôt des situations : "Ma mère aimait les mariages", sourit-elle. » (extrait d'un article de Geneviève Brisac, Le Monde, 8 octobre 2004)


Une mère, dans Zagreb assiégée, pense à sa fille exilée à Berlin qui, à son tour, imagine la fuite de sa mère de Bulgarie vers la Yougoslavie un demi-siècle plus tôt. Comment rendre compte de l'exil ? Pour ceux dont la vie tient dans une valise, les souvenirs disparates - vieilles photos, journaux intimes, objets fétiches de l'enfance - prennent une signification étrange, comme autant d'échos à la fatalité du destin, à l'image de ces objets insolites découverts dans l'estomac de Roland, un éléphant de mer mort en 1961, et que l'on peut voir aujourd'hui dans une vitrine du zoo de Berlin : un fume-cigarettes rose, quatre bâtons d'esquimau, une broche métallique, une épingle à cheveux, un crayon de papier, un pistolet à eau, un couteau en plastique, des lunettes de soleil, une petite chaîne, un ressort. Qu'ont-ils d'autre en commun que d'avoir calmé pour une heure l'appétit de Roland ? Constitué d'une mosaïque d'histoires, de souvenirs et d'anecdotes, ce roman lumineux retrace la vie de quelques personnages pris entre deux cultures, déchirés entre leur histoire et la nôtre.

« Le Musée des redditions sans condition est donc un livre sur l'exil. Pas l'exil devenu nostalgique de ceux qui se sont reconstruit une vie, qui ont une nouvelle maison, de nouveaux amis, ou au moins des commerçants qui les reconnaissent. La narratrice n'a rien de tout ça : à 45 ans, elle a perdu famille, amis, travail et même désir de retourner chez elle, mais c'est un esprit décidé à ne pas se laisser fléchir par le déracinement et la solitude. Elle regarde comment d'autres exilés croisés à Berlin ou aux Etats-Unis se mettent en condition de supporter la perte de leur vie d'avant et d'assurer la continuité de leur biographie. » (extrait d'un article de Natalie Levisalles, Libération, 21 octobre 2004 )

« Le musée auquel le titre fait référence fut créé par les Soviétiques à Berlin pour rassembler les traces de la capitulation nazie du 8 mai 1945 : témoin d’une Allemagne qui n’existe plus, édifiée par une Union soviétique elle aussi disparue, il devient, sous la plume de Dubravka Ugresic, un lieu possible pour accueillir la mémoire fragmentée des exilés. » (extrait du Courrier des Balkans, octobre 2004)


Traductrice : Mireille Robin. Traduit dans une quinzaine de langues, Le musée des redditions sans condition a été reçu par la critique internationale comme une œuvre universelle.


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