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Ode maritime

par Fernando Pessoa

( Livre )
Fata Morgana
Langue d'origine : portugais
Traduit par Armand Guibert
1995, 80 p., 11 euros
Première édition : 1980
ISBN : 2851943081

Une œuvre poétique signée Alvaro de Campos, un des « hétéronymes » de Fernando Pessoa, créé en 1914. Dans la célèbre traduction d’Armand Guibert, une nouvelle édition de ce grand classique, égal de la Prose du Transsibérien ou de Zone, illustrée de dessins originaux de Maria Helena Vieira da Silva.

« Ce n’est pas dans l’œuvre de Pessoa lui-même qu’on trouve ses impressions maritimes, mais dans celle d’Alvaro de Campos, ingénieur naval formé à Glasgow, de culture britannique. C’est en lui qu’il a investi sa passion des choses de la mer; et il a consacré à ce thème de l’océan le plus long et le plus puissant de tous ses poèmes, l’Ode maritime. Ce texte de plus de mille vers, dont la lecture intégrale dure plus d’une heure, et dont le ton passe insensiblement de l’effusion lyrique au hurlement frénétique, puis, brusquement, un peu avant la fin, du cri au murmure, est aujourd’hui l’œuvre de Pessoa la plus célèbre. Elle a tenté un certain nombre de comédiens ; et j’en ai déjà vu quatre interprétations différentes au théâtre. (…)

L’Ode maritime est une œuvre immense et foisonnante, dont je ne retiendrai qu’un bref fragment, qui illustre le thème central du poème : l’imagination orphique de la mer, et, nommément, de cette mer absolue qu’est l’océan. Je parle d’imagination, parce que ce qui est frappant dans ce poème de la mer, c’est l’absence de toute description précise, de toute notation concrète; tout le texte est un appel à l’imagination ; l’océan n’est pas vraiment vu, mais plutôt évoqué, ou encore mieux invoqué, apostrophé. Et il est invoqué non pas comme une matière, l’élément liquide, dont il n’est guère question, mais comme un espace, comme une ouverture de l’espace, comme une présence qui est peut-être une absence infinie. » (Robert Bréchon, L’Archipel)

La préface est d’Armand Guibert (le traducteur)

Alvaro de Campos est né en 1890, en Algarve. Ingénieur en mécanique d’ascendance juive. Chantre du modernisme, mais auteur tourmenté. « Il voyage en Orient et ramène certainement l’inspiration de son Opium à bord. Il est partisan d’une esthétique non aristotélicienne qu’il voit incarnée par trois poètes : Walt Whitman, Alberto Caeiro et,…lui-même. Il utilise un monocle et s’est forgé une solide réputation d’homme irascible et impassible. Aime les falsifications et ses masques sont autant de contradictions. Auteur, entre autres, du très célèbre Bureau de Tabac "qui ouvre l’ère de l’absurde, de l’humour triste, d’un existentialisme penché sur son narcissique miroir où il pressent le plissement des premières rides" (Armand Guibert) et du sulfureux Ultimatum. » (extrait du site des éditions José Corti)

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