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Oiseaux aux ailes d'or (L')

par Yi Munyol

( Livre )
Actes Sud
Collection Domaine coréen
Langue d'origine : coréen
Traduit par Ch'Oe Yun et Patrick Maurus
1990, 96 p., 9.15 euros

ISBN 2868694942

Une médiation sur le rôle de la création

« Élevé par un maître rigoureux, Kochuk a tout quitté pour affirmer son talent, faire connaître ses calligraphies et regagner l’estime de celui qui, tant d’années durant, avait nié ses évidentes dispositions. Mais qu’est-ce que l’art ? se demande-t-il au moment de mourir. En moins de cent pages, Yi Munyoÿl dépose cette énigme au cœur d’un récit émouvant, secret, mystérieux. Et la magie de ce petit livre vient précisément des incertitudes auxquelles il nous invite, comme si l’auteur — sans conteste le plus célèbre écrivain de la Corée du Sud — tentait de représenter, à ce point exact où l’Orient et l’Occident avouent leur fascination réciproque, les valeurs les plus hautes de la spiritualité. C’est d’ailleurs en quoi cette œuvre constitue une subtile introduction à la littérature coréenne contemporaine. » (présentation de l'éditeur)

« Il s'agit d'un conte initiatique, mais fortement troublé par les déchirures du temps, les secousses historiques, les ruines de l'ordre traditionnel. Un jeune garçon quasi orphelin - sa mère l'a abandonné, son père est mort - est confié à la garde d'un calligraphe de renom. Entre ce maître, que la stricte observance des préceptes anciens laisse quelque peu en marge du mouvement du monde, et cet intrus mal éduqué qui témoigne bientôt de dons surprenants, se noue une relation d'autant plus forte et violente qu'elle ne cesse d'être profondément ambiguë. À l'image d'une société qui, de colonisation en guerre fratricide, perd brutalement ses repères, ses valeurs, les deux hommes s'affrontent, le plus souvent silencieusement, douloureusement, le pinceau à la main. À quoi bon des calligraphes en un temps de manque ? aurait demandé un Holderlin coréen.

Ce livre venu, selon l'heureuse formule des préfaciers, du "pays du matin rarement calme", est une superbe méditation en actes sur les finalités de l'art, les rapports au réel et aux autres, les incertitudes de la Voie. » (extrait d'un article d'André Velter, Le Monde, 28 Septembre 1990)

« La quête, et l'errance qui en est la rançon, est le thème lancinant de Yi Munyol. Quête initiatique du calligraphe de l'Oiseau aux ailes d'or, qui s'interroge sur l'art, sur le poids de la tradition et le génie individuel, posant le problème de la création dans un pays où, comme dans le reste du monde sinisé influencé par le confucianisme, le rapport entre le maître et le disciple est à la fois à la source de la création par la transmission du savoir qu'elle permet et en même temps sa plus forte contrainte. » (extrait d’un article de Philippe Pons, Le Monde, 16 Novembre 1990)

Cette œuvre a été rééditée en édition de poche dans un volume regroupant aussi Notre héros défiguré par Yi Munyol et L’Hiver cette année là (6,86 euros) avec une préface de Michel Polac.

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