BiblioMonde

Ornement et crime et autres textes

par Adolf Loos

( Livre )
Payot & Rivages
Collection Petite Bibliothèque Rivages
Langue d'origine : allemand (Autriche)
Traduit par Sabine Comille et Philippe Ivernel
2003, 278 p., 9 euros

ISBN : 274361076X

« D'un combat de trente années, je suis sorti vainqueur. J'ai libéré l'humanité de l'ornement superflu. "Ornement", ce fut autrefois le qualificatif pour dire "beau". C'est aujourd'hui, grâce au travail de toute ma vie, un qualificatif pour dire "d'une valeur inférieure". De toute évidence l'écho renvoyé se prend pour la voix elle-même [...]. Je sais que l'humanité m'en sera reconnaissante un jour, quand le tramps épargné sera bénéfique à ceux qui jusqu'à présent étaient exclus clés biens de ce monde. » (Adolf Loos)

« Cette sélection des écrits d’Adolf Loos, le grand architecte viennois (1870-1933), se fonde principalement sur le recueil intitulé Malgré tout (1931), que Loos avait lui-même publié de son vivant. Y sont adjoints quelques articles totalement inédits en français et qui ont paru en Autriche il y a seulement une vingtaine d’années dans Écrits disparus et Confrontations. Autour de l’essai majeur Ornement et crime (avec son pendant Ornement et éducation) sont ici regroupés un certain nombre d’articles ou de conférences - dont celle sur la fameuse Maison de la Michaelerplatz - illustrant les travaux d’un architecte particulièrement novateur, engageant, à travers la réponse de la construction, toute une réforme de l’habitat, des mœurs, de l’art et de la culture, et finalement de la vie.

Loos participe de ce qu’il est convenu d’appeler la modernité viennoise, à l’aube du XXe siècle, et lui-même ne manque pas de souligner les liens qui l’unissent à Karl Kraus, à Oscar Kokoschka, à Peter Altenberg, ou encore au musicien Schönberg. C’est le concept de la modernité, somme toute, qui est en jeu dans ces écrits, un concept que, avec Loos, on opposera à l’ornementalisme, mais sans le dissocier pour autant de la tradition en ce qu’elle a de meilleur.

Au premier plan vient la question du matériau, de la structure, de l’espace, de l’utilisation, de la fonctionnalité des objets culturels. Mais l’apologie de la fonctionnalité, identifiée à la beauté, ne vise aucunement à la fonctionnalité de l’existence. Au contraire, elle est faite pour libérer l’individu trop dépendant de l’extériorité. Allégée de l’accessoire et du superflu, il pourra mieux développer sa libre recherche d’homme sans qualité - faut-il dire sans ornement ? » (présentation de l’éditeur)


« L'architecte Adolf Loss en 1908 à Vienne, a édicté un anathème qui s'est ensuite inscrit comme un des fondements de l'architecture moderne, voire de la modernité tout court.
C'est en cela que le débat sur l'ornement prend tout son sens. Adolf Loos voulait en finir avec l'éclectisme "ancien régime" qui s'est perpétué jusqu'au début du XXe siècle en Europe, et affirmer une architecture moderne taillée dans "la pureté" des volumes et de la structure, débarrassée de ses portes monumentalisées, de ses cariatides ne supportant plus rien, de ses ordres superposés de styles anciens ou inventés comme les arts décoratifs ou l'Art Nouveau considérés comme les deniers avatars de vocabulaires obsolètes. Fenêtres et portes devenaient des percements agencés par rapport à la fonctionnalité des besoins d'ouverture, de lumière et d'air : l'exemple le plus flagrant est la fenêtre devenue "baie", passant de verticale, encadrant le corps humain debout, en horizontale pour permettre la vision panoramique du regard et transformer le paysage en tableau extérieur, ou ...de l'homme couché. La raison que la nécessité fonctionnelle exprimait devait inventer son esthétique propre : la géométrie que les matériaux de construction bruts, sans placage de pierre et d'ornements inutiles et que la structure devenue apparente, devaient rendre lisible à chacun. Bannir l'ornement devenu l'accessoire, le cache-pureté d'une architecture rationnelle, était devenu la facette formelle d'un engagement révolutionnaire pour coller avec les thèses sociales d'un individu collectif - libre - qui aurait droit enfin au bonheur sur terre, puisque le ciel devenu maîtrisé par les sciences n'abritait plus aucun dieu.

Cette architecture dite moderne devenue avec le temps un modèle diffusé à travers le monde entier, car incarnant son appartenance (de l'individu, à la ville, au pays et au continent) aux "Temps Nouveaux", avait aussi l'avantage de permettre des constructions très économiques à l'infini. La science des nombres liée aux religions et aux pratiques sociales ancestrales, disparaissait pour n'être limitée que par les possibilités techniques du moment. » (extrait d’un texte de Jean Loup Pivin)

Ornement n'est pas crime par Jean Loup Pivin

Dans BiblioMonde

Paroles dans le vide

Des livres sur l’architecture viennoise

____________________________________________

Si vous commandez ce livre à partir de cette page, BiblioMonde touchera une commission et vous participerez ainsi au financement du site.

 
© BiblioMonde.com