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Palestine 1947, un partage avorté

par Alain Gresh, Dominique Vidal

( Livre )
André Versaille éditeur
Collection Histoire
1997, 197 p., 19.9 euros
Première édition : Complexe - 1988
ISBN : 978-2874950070

Le 29 novembre 1947, l'Assemblée générale des Nations unies se prononce pour le partage de la Palestine en deux États, l'un juif, l'autre arabe. Alors que les combats font rage sur le terrain, l'État d'Israël est proclamé le 14 mai 1948. Les armées de cinq pays arabes réagissent immédiatement en envahissant la Palestine. Mais elles ne viendront pas à bout du jeune État juif. Un an plus tard, des armistices sont signés entre Israël et ses voisins. Le premier round du conflit israélo-arabe est terminé : il a sanctionné la naissance d'Israël, mais il a empêché l'État palestinien de voir le jour et provoqué l'exode de centaines de milliers d'Arabes. 13 septembre 1993, quarante-six ans plus tard, M. Yitshak Rabin, Premier ministre d'Israël et Yasser Arafat, président du comité exécutif de l'OLP, échangent à Washington une mémorable poignée de mains. Mais le processus de paix ne tardera pas à s'enliser. Les conséquences désastreuses du partage avorté de 1947 seraient-elles insurmontables ?

« Dans Palestine 47, un partage avorté, Alain Gresh et Dominique Vidal, retraçant par le menu la genèse de la décision onusienne, rappellent que la Terre sainte avait été "trois fois promise" par les Britanniques pendant la première guerre mondiale : à deux souverains arabes rivaux, le chérif hachémite Hussein et le wahhabite Ibn Séoud; aux sionistes dans la déclaration Balfour. Trois ans plus tard, oublieux des promesses de circonstance faites aux Arabes et sourd aux aspirations juives hâtées par le génocide, le pouvoir colonial, de volte-face en reniement, fera tout pour conserver sa mainmise stratégique sur la Palestine en sabotant les efforts de l'ONU naissante.

Mais la volonté de Washington et de Moscou, faisant une dernière fois cause commune avant la guerre froide, sera décisive. Gresh et Vidal insistent à juste titre sur la force du soutien soviétique au projet sioniste. Dès mai 1945, Andréi Gromyko avait annoncé la couleur : "Oui au partage." L'URSS est ses amis ne se contenteront pas de voter la résolution de novembre. Ils laisseront partir "leurs juifs" vers la Palestine et fourniront à Ben Gourion les fusils _ tchèques _ de la victoire. Pour Staline, à l'époque, un objectif prime : chasser l'Anglais. Il tenait les juifs progressistes "pour de meilleurs alliés potentiels" au Proche-Orient que "les Arabes retardataires et féodaux". L'URSS sera lente à perdre ses illusions.

Les Arabes se comporteront dans cette affaire en pires ennemis d'eux-mêmes. Alors que Ben Gourion, prophète en son pays, prévoit chaque épreuve future et s'y prépare en maniant avec réalisme l'art du compromis, le monde arabe s'enferme, lui, dans ses refus. Trop sûr de sa supériorité, il rejette tour à tour le partage, le projet binational, les schémas d'autonomie provinciale. Il souffre de querelles intestines et de luttes d'ambition, par exemple entre le mufti de Jérusalem et le roi Abdallah de Transjordanie.

Entre l'extrémisme de son discours et la pusillanimité de son action, le gouffre est - déjà - béant. Sa méconnaissance de la société internationale, la faiblesse et la corruption de ses élites, scelleront sa défaite, faisant le malheur de quelque sept cent mille Palestiniens contraints à l'exode. Quarante ans plus tard, après cinq guerres israélo-arabes, l'échec initial de l'ONU fait toujours sentir ses effets. Et le "partage" de l'ancienne Palestine mandataire reste d'actualité. » (extrait d’un article de Jean-Pierre Langelier, Le Monde, 21 mars 1988)

Dans BiblioMonde

Comment Israël expulsa les Palestiniens : les nouveaux acquis de l'Histoire (1945-1949)


Sur la Toile

1947, Le partage et l'occupation de la Palestine

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