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Pénélope prend un bain

par Gohar Marcossian

( Livre )
Belfond
Collection Les étrangères
Langue d'origine : russe
Traduit par Luba Jurgenson
2002, 240 p., 19 euros

ISBN : 2714437729

Roman

Le conflit du Karabakh dure, l'économie périclite, Erevan, en Arménie, n'a ni chauffage ni eau chaude, et pourtant Pénélope, en ce matin de l'hiver 1994, ne songe qu'à prendre un bon bain chaud. Une journée en forme d'odyssée pour la jeune femme dont le modeste mais impérieux désir se révèle un luxe inouï dans une ville où chaque quartier ne dispose d'eau et d'électricité que pendant une ou deux heures. Tout au long d'une quête ardue, sans se départir de son humour ravageur, Pénélope monologue, digresse sur la littérature, la politique, les traditions... au gré de ses rencontres et de ses visites.

À la fin du premier chapitre, après une course effrénée dans la ville d'Erevan, en Arménie, Pénélope, une jeune actrice de théâtre amateur « charmante, gracieuse, nonchalante », rentre enfin chez elle retrouver ses vieux parents. Sa mère, hypocondriaque notoire, demande sans cesse qu'on lui prenne sa tension; son père, toujours armé, ne se résout pas à l'idée qu'on puisse débaptiser les noms de lieu de sa ville. Dans son esprit, la place Lénine doit rester la place Lénine. Un point c'est tout ! Dans la petite chambre où elle dévore toutes sortes de littérature et notamment Joyce, Pénélope prend son tricot et poursuit l'ouvrage d'un pull bigarré, « fait de fils de différentes couleurs, pour lequel elle ne se servait d'aucun patron ».

Profession de foi de sa propre conception du roman ou simple artifice littéraire, le roman de Gohar Marcossian est composé comme le pull de Pénélope. On part un peu dans tous les sens en espérant pouvoir recomposer la diversité du réel par l'enchevêtrement des descriptions et des situations. Pour être plus clair, Pénélope, sorte d'Amélie Poulain à la russe, est le personnage radieux qui nous sert de sauf-conduit pour découvrir la douloureuse réalité d'une ville où il n'y a presque plus d'eau ni d'électricité, où tout menace de s'effondrer à chaque instant.


En ce matin de l'hiver 1994, la jeune Pénélope n'a qu'une idée en tête : prendre un bain. Mais, à Erevan, capitale d'une Arménie en guerre, où l'on ne dispose d'électricité qu'une ou deux heures par jour, l'affaire s'annonce délicate... Appelant parents et amis à la rescousse, la voilà partie dans les rues de la ville, en quête d'une salle de bains accueillante. Au gré de ses rencontres et de son humeur, l'irrésistible Pénélope digresse sur sa famille, ses amours et ses doutes, évoquant tour à tour l'histoire de son pays, de sa ville, ou encore celle de ses ancêtres. Un tourbillon d'images, de souvenirs et de dialogues, une parole libre et jubilatoire, antidote à l'amertume d'un peuple déçu dans son espoir de liberté après l'effondrement du communisme. Au fil d'un monologue étourdissant de vigueur, d'optimisme et d'humour, Gohar Marcossian nous offre ici un premier roman surprenant, porté par le flux d'une prose ludique et vivante qui se joue avec esprit des idées reçues.

Pénélope prend un bain, publié en 1998 par la revue littéraire Zvevda (qui publia entre autres Tolstoï et Gorki), a été sélectionné pour plusieurs prix littéraires russes.

Dans BiblioMonde

Notre dossier sur l’Arménie



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