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Pereira prétend

par Antonio Tabucchi

( Livre )
10/18
Collection Domaine étranger
Langue d'origine : italien
Traduit par Bernard Comment
1998, 218 p., 6.4 euros
Première édition : Christian Bourgois - 1994
ISBN : 2264024585

Le grand succès d’édition de son auteur, autant en France qu’en Italie. Ce roman qui retrace les aventures d’un journaliste sous la dictature de Salazar, a été salué par une grande partie de la presse et du public, et est devenu en italie le porte-drapeau de la résistance à Berlusconi.


« Pereira, est un vieux journaliste portugais responsable de la page culturelle d'un journal salazariste qui, en plein été 1938, fait la connaissance d'un jeune révolutionnaire qui va bouleverser sa vie. Cette première rencontre, suivie de quelques autres, l'amène en effet à émettre de sérieux doutes sur le bien-fondé de sa vie. Entièrement dévolue au passé, elle doit son vague relief à une seule et unique obsession : la résurrection de la chair... » (Besma Lahouri, Lire)

« Nous enregistrons une déposition. Celle d'un homme, Pereira, responsable, en pleine dictature salazariste, des pages culturelles du Lisboa. Disons plutôt que nous enregistrons la déposition d'une déposition, car on ne saura rien de plus que ce qu'il prétend à un intermédiaire anonyme. C'est celui-ci qui s'adresse à nous. Ce "Pereira prétend" revient comme une litanie, nous enfermant dans le piège de son affirmation, nous obligeant au témoignage. Nous l'écoutons suivre sa mollesse, sa prudence, sa conscience, son chemin, son éveil. Et par l'audition même de ses moindres faits et gestes, rendus dépositaires de sa déclaration, nous voilà, qu'on le veuille ou non, engagés. » (extrait d’un article de Marion van Renterghem, Le Monde, 19 mai 1995)

« Pereira prétend, c'est la prise de conscience politique, longtemps confuse et infiniment subtile, d'un héros de roman enfoui dans son propre embonpoint et que rien ne prédisposait au courage ou à l'engagement. C'est la déposition froide, laconique, d'un homme qui refuse de voir, comprend sans le savoir et qui, courtoisement, presque malgré lui, finit par commettre pour la première fois de son existence un acte politique : une résistance sans éclat, tout à sa mesure, avant de quitter la scène. Héros oblomovien de l'éveil, Pereira a sa place parmi les grands mythes de la littérature. » (extrait d’un article de Marion Van Renterghem, Le Monde, 6 février 1998)

Ce roman paru en Italie en 1994 sous le titre Sostiene Pereira s'est vendu a plus de 250 000 exemplaires. Il a été adapté au cinéma par le cinéaste Roberto Fenza avec pour interprète principal, Marcello Mastroianni.

« C'est une lecture politique de mon roman qui est responsable de son succès. Pereira prétend est arrivé au bon moment. Sans que je l'aie prévu. " Il est sorti en janvier 1994, trois mois avant les élections qui ont vu la victoire de Berlusconi et de sa droite douteuse, typiquement italienne. Beaucoup de gens se sont reconnus dans le personnage et l'époque. Ils ont découvert dans l'air qu'ils respirent aujourd'hui quelque chose qui ressemble aux années 40, celles des Salazar, Franco, Mussolini et Hitler. Surtout, ils ont perçu le livre comme l'histoire d'une mort et d'une renaissance civique dans un environnement nationaliste, xénophobe et raciste. Et Pereira est devenu le symbole, le porte-drapeau de tous les
opposants, de tous les résistants à cette droite berlusconienne. » (Antonio Tabucchi, Lire, Juillet 1995)

Sur la Toile

Un commentaire par Joël Fompérie (Jo Web'Zine, Janvier 2002)

Un commentaire de Samuel Holder (11 janvier 2001)

Une analyse du livre

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