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Philon d'Alexandrie, un penseur en diaspora

par Mireille Hadas-Lebel

( Livre )
Fayard
2003, 376 p., 20 euros

ISBN : 2213617406

Philosophe juif de la diaspora grecque, Philon a cherché la complémentarité de la Bible et de la pensée platonicienne ; son commentaire allégorique de la Genèse et de la loi de Moïse a influencé les Pères de l’Église.

Né – dix ans après la disparition de Cléopâtre – d’une famille de notables dans la cité la plus belle, la plus savante et la plus flamboyante du monde méditerranéen, Philon allie une vaste culture hellénique et une profonde connaissance de la tradition juive. À partir de la traduction grecque des Septante, il développe une forme de commentaire biblique éclairé par la philosophie en recourant à l’allégorie, qui lui vaudra plus tard l’hommage de l’Église (grâce à laquelle son œuvre immense a survécu). Homme de pensée, il sut aussi se montrer un homme d’action quand il essaya, lors d’une fameuse mission auprès de l’empereur Caligula à Rome, d’intercéder en faveur de sa communauté menacée qui lui survécut quelques décennies à peine. Il en demeure le représentant le plus illustre, qu’on l’appelle Philo Judaeus ou bien Philo Alexandrinus.

Ce livre évoque l’éclat d’une ville à son apogée, la rencontre des cultures, la spiritualité d’un homme et la nouveauté d’une synthèse qui devait marquer pour toujours la pensée occidentale.


« Pour comprendre Philon, il faut savoir qu’il a vécu à Alexandrie d’Égypte, une des plus grandes villes de son temps, illustre aussi bien par sa richesse économique que par son rayonnement intellectuel (que l’on songe au Musée, à la Bibliothèque, et à tant d’illustres savants, comme Ptolémée). Elle abritait en outre une des plus importantes et des plus brillantes communautés juives du monde méditerranéen. M. Hadas-Lebel commence par replacer le personnage dans son cadre urbain, en tenant compte des fouilles les plus récentes. » (extrait d’un article de Yann Le Bohec, 12 décembre 2003)

« Ayant écrit une œuvre abondante, Philon reste discret sur lui-même. Néanmoins, Mireille Hadas-Lebel parvient à détecter au plus près la personnalité du philosophe et penseur. (…)Trois siècles d’hellénisation ont fait que le grec a remplacé l’araméen. On en voit l’effet dans les noms que certains adoptent : Arsinoé, Ptolémée, Théodose ou Théophile. Et la famille de notables, que fut celle de Philon, ne fait pas exception aux habitudes contractées. Frère d’un procurateur romain, oncle de l’époux de Bérénice qui la rendit rapidement veuve et objet des amours de Titus, suffisamment riche pour s’occuper de son –oisiveté- (sic), il s’intéresse très tôt à la traduction car il estime que le travail d’un traducteur, allant de pair avec l’interprétation, s’apparente à la prophétie qui lui semble ne mériter qu’une importance relative. Il se soucie peu de Jérémie et place les Psaumes de David ni plus haut, ni plus bas que l’œuvre d’ Homère.
Philon conservera pendant toute sa vie une référence absolue : Moïse. Dans sa Vie de Moïse, il écrit que les philosophes Pythagore, Anaxagore, Platon ainsi que les Stoïciens avaient pressenti le dieu unique. Il ajoute même qu’Héraclite a suivi la doctrine de Moïse. » (extrait d’un article de Claire Bondy, Séfarad.org, 2004)

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