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La Plaisanterie

par Milan Kundera

( Livre )
Gallimard
Collection Folio
Langue d'origine : tchèque
Traduit par Marcel Aymonin (1968) révisée par l’auteur et Claude Courtot (1980)
2001, 462 p., 7.8 euros
Première édition : 1968
ISBN : 2070366383

Nous sommes dans les années 1950, en Moravie (Tchécoslovaquie), dans une ville qui pourrait être Brno, la ville natale de l'auteur. Par plaisanterie, un jeune étudiant en mathématique, Ludvík, écrit sur une carte postale destinée à sa petite amie « L’optimisme est l’opium du genre humain. L’esprit sain pue la connerie. Vive Trotsky ! ». Ne comprenant pas la boutade, elle énonce Ludvik que se verra exclu du Parti, puis de l’université et envoyé faire son service militaire dans un bataillon disciplinaire. Une autre méprise, avec une autre femme, le brise encore un peu plus… une critique virulente du régime stalinien, un bilan amer des illusions politiques de la génération de 1948.

« Dans ce livre cinglant, c'était une amère expérience à la fois autobiographique et collective que l'écrivain présentait en poussant à bout la logique du processus. Il considérait que l'homme qui rit est le seul qui sache prendre ses distances vis-à-vis de ses propres égarements comme des erreurs du système dans lequel il vit. À travers l'évocation de ses souvenirs, entrecoupés d'innombrables réflexions (en particulier, sur les sources et les singularités du folklore musical morave dans lequel le régime tente d'introduire des éléments périmés ou étrangers), le lecteur est le témoin subjugué d'une lente maturation au cours de l'évolution des conditions politiques et sociales de la Tchécoslovaquie de 1948 à 1964. Sans être franchement idéologique, le roman traite, à travers une poignante histoire d'amour, du thème qui demeurait le thème central de toutes les littératures des pays soumis à des régimes communistes : la liberté, la dénonciation de l'utopie communiste. Il dénonçait aussi la corruption. » (André Durand, Le Comptoir littéraire)

« Oui, j'y voyais clair soudain : la plupart des gens s'adonnent au mirage d'une double croyance : ils croient à la pérennité de la mémoire (des hommes, des choses, des actes, des nations) et à la possibilité de réparer (des actes, des erreurs, des péchés, des torts).
L'une est aussi fausse que l'autre. La vérité se situe juste à l'opposé : tout sera oublié et rien ne sera réparé. Le rôle de la réparation (et par la vengeance et par le pardon) sera tenu par l'oubli. Personne ne réparera les torts commis, mais tous les torts seront oubliés. » (extrait)

Achevé en 1965, il a été publié à Prague sous le titre Zert, en 1967, puis publié en français en 1968. La traduction a été révisée par l’auteur et Claude Courtot en 1980.

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